La coalition italienne divisée sur l’extension du plafonnement des prix d’Eni
À partir du 28 septembre, Eni plafonnera pendant 30 jours l’essence à 1,99 € le litre et le gazole à 2,19 € dans le réseau Enilive. Les partis au pouvoir s’opposent sur la nécessité de laisser les autres pétroliers suivre volontairement ou de leur imposer une contribution.
Eni fixe un plafond pour 30 jours
La coalition gouvernementale italienne débat du rôle que doivent jouer les compagnies pétrolières dans le soutien aux automobilistes après l’annonce par Eni de prix maximaux pour l’essence et le gazole dans le réseau de stations Enilive. À partir du 28 septembre, l’essence coûtera au maximum 1,99 € le litre et le gazole 2,19 € le litre. La mesure durera initialement 30 jours et pourra être prolongée jusqu’à la fin de l’année selon l’évolution du marché et des approvisionnements.
La Repubblica rapporte que la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, compte sur une prolongation de l’initiative et sur l’adhésion d’autres grands opérateurs. Le gouvernement estime que la pression concurrentielle devrait pousser les rivaux d’Eni à réagir. D’après Corriere della Sera, Eni exploite environ 4 000 stations-service, soit près de 20% du réseau italien. Cette présence est importante, mais la majorité des ventes au détail restera hors du dispositif si les concurrents n’adoptent pas de mesures similaires.
L’allègement fiscal est réduit
La décision d’Eni intervient alors que le gouvernement diminue son soutien temporaire au gazole. Selon La Repubblica et Il Fatto Quotidiano, la réduction des droits d’accise et de la TVA passe de 0,122 € à 0,061 € le litre et restera à ce niveau jusqu’au 5 octobre. Si les taxes augmentent ensuite, Eni pourra relever ses plafonds à due concurrence.
Les données officielles citées par Il Fatto Quotidiano situaient, avant le plafonnement, le prix moyen du gazole en libre-service à 2,338 € le litre sur le réseau routier ordinaire et à 2,421 € sur autoroute. Pour l’essence, les moyennes atteignaient respectivement 2,154 € et 2,247 €. Les plafonds d’Eni se trouvent donc environ 0,17 € le litre sous les niveaux moyens. Cet écart est particulièrement important pour les transporteurs routiers, les logisticiens, les salariés effectuant des trajets quotidiens et les entreprises supportant des coûts élevés de distribution. Le bénéfice dépend toutefois de la proximité d’une station Enilive.
La contrainte divise les partis au pouvoir
L’initiative ne règle pas le désaccord politique sur le financement de l’aide aux consommateurs. La Repubblica indique que la Ligue de Matteo Salvini envisage de contraindre les entreprises qui ne réduisent pas leurs prix à verser une contribution financière. Forza Italia rejette de nouvelles taxes sur les bénéfices exceptionnels et privilégie les actions volontaires des entreprises. Frères d’Italie reste également prudent face à la proposition de la Ligue.
Le ministre des Affaires étrangères et chef de Forza Italia, Antonio Tajani, a présenté la décision d’Eni comme une alternative aux mesures dirigistes et aux nouvelles taxes sur les bénéfices exceptionnels. La Ligue veut au contraire que d’autres grands groupes énergétiques et pétroliers, voire les banques, suivent cet exemple ou contribuent au financement des aides. Le ministre de l’Économie, Giancarlo Giorgetti, a soutenu une discussion coordonnée au niveau européen, mais Corriere della Sera rapporte que la Commission européenne considère cette fiscalité comme une compétence nationale. Le premier test sera la décision des concurrents d’Eni d’adopter ou non les mêmes plafonds. Sans réaction de leur part, la coalition devra de nouveau choisir entre dépense publique, prix inégaux selon les réseaux ou mise à contribution des entreprises par l’impôt ou la réglementation.