L’Indonésie prévoit une baisse de 12% de sa production de charbon à 720 millions de tonnes en 2026
Le ministère indonésien de l’Énergie et des Ressources minérales prévoit une production de charbon d’environ 720 millions de tonnes en 2026, contre 817 millions en 2025. La réduction des quotas et les plans de travail en attente pourraient limiter les exportations, malgré la hausse des recettes publiques non fiscales.
La production annuelle devrait tomber à 720 millions de tonnes
Le ministère indonésien de l’Énergie et des Ressources minérales prévoit une production nationale de charbon d’environ 720 millions de tonnes d’ici à la fin de 2026, selon Katadata. Cette estimation repose sur une production mensuelle moyenne proche de 60 millions de tonnes et correspond à une baisse annoncée de 12% par rapport à l’année précédente.
Le directeur général des Ressources minérales et du Charbon, Tri Winarno, a indiqué que la production avait atteint 423 millions de tonnes à la fin de juillet. L’Indonésie avait produit 817 millions de tonnes en 2025, soit une moyenne mensuelle d’environ 68 millions de tonnes. Le ministère évalue donc la baisse mensuelle à près de 8 millions de tonnes et le recul annuel à environ 100 millions de tonnes.
Les exportations restent le principal débouché
Sur les 423 millions de tonnes produites à la fin de juillet, 270 millions de tonnes, soit 63,82%, ont été exportées. Le marché intérieur a reçu 113,8 millions de tonnes, ou 26,86%, tandis que 39,51 millions de tonnes, soit 9,32%, ont alimenté les stocks. L’Inde et la Chine restent les principaux marchés étrangers du charbon indonésien.
Si cette répartition se maintient, la baisse de production réduira surtout les volumes disponibles à l’exportation. L’Indonésie est un fournisseur majeur de charbon thermique en Asie. Une diminution mensuelle durable obligerait les acheteurs indiens et chinois à se partager moins de charbon indonésien, sauf baisse parallèle des livraisons intérieures ou de la constitution de stocks.
L’effet sur les échanges dépendra de la manière dont les producteurs répartiront les volumes restants et d’un éventuel assouplissement des quotas approuvés. Lors de leur révision, le ministère doit tenir compte de l’approvisionnement intérieur, des prix mondiaux des matières premières et de l’équilibre entre l’offre et la demande.
Les quotas soutiennent les prix et les recettes publiques
Le recul de la production fait suite à la décision du gouvernement de réduire les quotas de charbon et de nickel dans le cadre du système annuel d’approbation des plans de travail et des budgets, appelé RKAB. Les sociétés minières doivent disposer d’un RKAB approuvé pour produire. Tri a indiqué que 50 plans d’entreprises minières et charbonnières restaient en attente à l’approche du dernier trimestre de 2026. Des créances non réglées ou des obligations de remise en état inachevées peuvent empêcher leur approbation.
Le gouvernement présente la réduction des quotas comme un moyen de soutenir les cours des matières premières. Le ministre de l’Énergie et des Ressources minérales, Bahlil Lahadalia, a déclaré que les entreprises versant les redevances les plus élevées seraient prioritaires lors de l’examen d’un assouplissement des RKAB. Il a cité un taux de 19% pour expliquer cette politique.
Malgré la baisse de la production, les recettes publiques non fiscales tirées du charbon ont augmenté. Selon Katadata, elles sont passées de 59 000 milliards de roupies entre janvier et août 2025 à 66 000 milliards de roupies sur la même période de 2026, soit une hausse de 7 000 milliards de roupies. La diminution des volumes ne s’est donc pas encore traduite par une baisse des encaissements publics. Les redevances, les prix ou la composition des producteurs agréés peuvent y avoir contribué, mais le ministère n’a pas fourni de ventilation détaillée.
Les révisions pourraient modifier l’équilibre final
Le règlement n° 17 de 2025 du ministère de l’Énergie et des Ressources minérales permet encore d’ajuster les quotas. Les entreprises peuvent demander une modification après avoir remis leurs rapports périodiques couvrant le deuxième trimestre, au plus tard le 31 juillet de l’année concernée. Bahlil a indiqué que les révisions tiendraient compte des besoins nationaux et des prix mondiaux, sans préciser les volumes potentiels afin de ne pas provoquer de volatilité.
Pour les producteurs, les autorisations en attente et la priorité donnée aux opérateurs versant des redevances élevées renforcent le poids de la conformité réglementaire dans la planification. Pour les énergéticiens et négociants asiatiques, la question centrale est de savoir si la réduction prévue persistera jusqu’à la fin de 2026 ou sera partiellement compensée par des révisions des RKAB. La décision finale influencera les disponibilités exportables, les recettes publiques et l’équilibre régional du charbon thermique.