Des députés indonésiens réclament un frein aux importations de sel avant l'objectif de 2027
Des députés indonésiens demandent de limiter les importations de sel industriel, qui ont atteint 936 000 tonnes entre janvier et mai 2026, en hausse de 13,1 %. Ils préconisent aussi des technologies de purification, la protection de 33 216,06 hectares de marais salants et davantage d'achats industriels locaux.
La progression des importations accentue la pression
Des députés indonésiens demandent un contrôle plus strict des importations de sel et une amélioration plus rapide de la production nationale afin d'atteindre l'autosuffisance en 2027. Leur intervention fait suite à la hausse des achats de sel industriel durant les cinq premiers mois de 2026, qui souligne l'écart entre l'objectif gouvernemental et la dépendance actuelle des industriels envers les approvisionnements étrangers.
Les importations de sel industriel ont atteint 936 000 tonnes entre janvier et mai 2026, soit une hausse de 13,1 %, selon les chiffres cités par Daniel Johan, membre de la commission IV de la Chambre des représentants, et rapportés par ANTARA et VIVA. Johan estime que cette progression doit entraîner des mesures concrètes dans les bassins de production, plutôt qu'un recours automatique aux importations pour satisfaire toute demande industrielle supplémentaire.
Cette approche ne prévoit pas l'arrêt immédiat de tous les achats étrangers. Les députés souhaitent ouvrir les importations de façon sélective, uniquement pour les besoins que les producteurs locaux ne peuvent réellement satisfaire. Herman Khaeron, membre de la commission VI, considère que chaque autorisation doit être examinée au regard de la demande, des stocks, des capacités nationales, de la qualité et de la faculté des industriels à absorber la production locale.
La qualité reste le principal obstacle industriel
Selon Johan, l'amélioration de la qualité est plus importante qu'une simple augmentation des volumes. L'Indonésie dispose de 33 216,06 hectares de marais salants susceptibles de constituer une base importante pour l'offre nationale. Il demande de protéger ces terres contre les changements d'affectation et d'aider les producteurs à accroître la qualité et la compétitivité de leur sel.
L'une des principales propositions consiste à élargir l'accès aux technologies de purification au niveau des producteurs. Une meilleure transformation permettrait au sel local de respecter les spécifications industrielles et de rivaliser sur les prix. Une hausse de la seule production brute ne réduira pas la dépendance aux importations si la matière nationale reste inadaptée aux utilisateurs industriels.
Khaeron juge également nécessaires des infrastructures, des technologies, une offre continue et des organisations de producteurs plus solides. La production dépend des conditions climatiques, ce qui fait de la régularité un enjeu majeur pour les acheteurs industriels. Des technologies accessibles peuvent limiter les fluctuations, mais les usines auront besoin de volumes prévisibles et de caractéristiques constantes avant de remplacer leurs fournisseurs étrangers habituels.
Des obligations d'achat local en discussion
Les députés souhaitent aussi créer des mécanismes obligeant importateurs et utilisateurs industriels à acheter du sel national. VIVA rapporte que Khaeron soutient l'association de restrictions à l'importation et d'obligations d'absorption de la production locale. Sans débouchés garantis, les producteurs risquent de manquer d'incitations commerciales pour investir dans les volumes et les capacités de purification.
L'enjeu dépasse donc la fixation d'un quota. Une restriction brutale avant que le sel local ne respecte les normes industrielles pourrait exposer les transformateurs à des risques d'approvisionnement ou de qualité. À l'inverse, une croissance continue des importations pourrait peser sur les prix et la demande de sel national, réduisant l'intérêt des investissements pour les exploitants et les transformateurs.
Les propositions parlementaires réunissent les autorisations d'importation, la protection des terres, la technologie et les achats industriels dans une même orientation. L'objectif de 2027 pourrait élargir le marché des producteurs nationaux si l'amélioration qualitative avance rapidement. Pour les industriels et les négociants, il pourrait signifier un examen renforcé des demandes supplémentaires et l'obligation de démontrer pourquoi l'offre locale ne répond pas à leurs besoins.
Les publications ne précisent ni nouveau niveau de quota ni calendrier de mise en œuvre. La priorité immédiate consiste à fonder les décisions sur la demande vérifiée, les stocks, les capacités nationales et la qualité. L'autosuffisance dépendra finalement de la capacité de l'Indonésie à transformer ses marais salants en une source stable de sel industriel proposé à un prix compétitif.