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L’Inde dépasse les fournisseurs du Golfe sur le marché kényan des carburants

L’Inde a remplacé les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite comme premier fournisseur du Kenya en essence, gazole, carburéacteur et fioul, selon les données de Kpler citées par Anas Alhajji. Les arrivées totales sont restées proches de 200 000 barils par jour, signalant une réorientation des achats plutôt qu’un effondrement des importations.

L’Inde dépasse les fournisseurs du Golfe sur le marché kényan des carburants

L’Inde devance les fournisseurs historiques du Golfe

L’Inde a remplacé les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite comme premier fournisseur du Kenya en essence, gazole, carburéacteur et fioul. Ce classement ressort des données de la société d’analyse Kpler citées par l’économiste de l’énergie Anas Alhajji. Il constitue un net changement pour un marché traditionnellement dominé par les raffineurs et négociants du Golfe.

Business Today indique que le Kenya a reçu environ 200 000 barils par jour de produits pétroliers en juillet et 185 000 barils par jour en août. Les perturbations des routes traditionnelles du Moyen-Orient ont donc surtout modifié l’origine du carburant, sans provoquer l’effondrement du système d’importation. Les publications disponibles ne précisent ni le volume indien individuel ni sa part exacte.

Le nouveau classement contraste avec la structure des échanges de 2023. Selon TrendEconomy, les Émirats avaient alors fourni pour 2,6 milliards de dollars d’huiles de pétrole autres que brutes, soit 60 % des importations kényanes de cette catégorie. L’Arabie saoudite représentait 698 millions de dollars, ou 16,1 %, et l’Inde 283 millions de dollars, ou 6,56 %.

Les perturbations redessinent les achats

Depuis 2023, le Kenya s’appuie sur un accord intergouvernemental d’approvisionnement pétrolier auquel participent de grands groupes du Golfe. Les difficultés touchant les routes établies depuis l’Asie occidentale ont cependant poussé vendeurs et acheteurs à chercher d’autres points de chargement. La position de l’Inde dans l’océan Indien rend ses raffineries et ses ports adaptés aux livraisons vers l’Afrique de l’Est.

Business Daily rapporte que Saudi Aramco, Enoc et Adnoc ont utilisé des ports en Inde, en Belgique, en Europe et en mer Rouge afin de maintenir les livraisons au Kenya. Le rôle accru de l’Inde ne se limite donc pas aux produits d’origine indienne ou aux ventes directes entre raffineurs indiens et acheteurs kényans. Les ports indiens peuvent également servir de plateformes de chargement et de négoce aux groupes du Golfe.

Argus avait signalé que la disparition de cargaisons d’essence émiraties avait réorienté les achats du Kenya vers l’Europe, l’Inde et les raffineries saoudiennes de la mer Rouge. L’approvisionnement en essence était resté globalement intact en avril, même si des transporteurs faisaient état de rationnements, de limites sur les livraisons en vrac et d’un crédit plus strict. Le réseau subit donc davantage de contraintes logistiques et financières malgré des volumes totaux relativement stables.

Conséquences pour les raffineurs et les acheteurs

Les raffineurs et négociants indiens renforcent leur position sur un marché est-africain qui importe plusieurs carburants de transport en grandes quantités. Cette évolution élargit aussi une relation commerciale déjà importante. Selon Business Today, l’Inde était le troisième partenaire commercial du Kenya en 2025-26, avec 4,31 milliards de dollars d’échanges bilatéraux.

Pour les importateurs kényans, le recours à des points de chargement en Inde, en Europe et en mer Rouge réduit la dépendance immédiate à la route émiratie. Il ne supprime toutefois ni le risque de fret élevé, ni les retards maritimes, ni les perturbations géopolitiques. Les acheteurs devront comparer prix rendu, spécifications, crédit et disponibilité auprès d’un éventail plus large de fournisseurs.

Cette évolution pourrait être temporaire si les routes du Golfe se normalisent. L’écart avec 2023 demeure néanmoins considérable : l’Inde est passée d’une part de 6,56 % en valeur des importations kényanes d’huiles de pétrole non brutes à la première place dans la dernière évaluation de Kpler. Son maintien dépendra des marges de raffinage, de la fiabilité des routes et des conditions commerciales proposées.

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