Hartmann propose des engagements tarifaires et export pour acquérir Dentaș Romania
Hartmann Packaging a proposé des engagements de production, de prix et de contrats pour répondre aux préoccupations entourant son projet de rachat de Dentaș Romania. Quatre lignes seraient réservées à l’export pendant deux ans et les hausses de prix en Roumanie seraient plafonnées.
Le régulateur examine les engagements proposés
Le Conseil roumain de la concurrence a soumis à consultation publique les engagements proposés par Hartmann Packaging A/S dans le cadre de son examen du rachat de Dentaș Romania SRL par le groupe danois. La cible exploite une usine d’emballages en fibre moulée à Tărtășești, dans le département de Dâmbovița. Elle produit des plateaux et boîtes à œufs, des barquettes pour fruits et légumes et d’autres emballages en fibres recyclées.
Selon Ziarul Financiar, l’analyse de l’autorité a conclu que l’opération pourrait renforcer la position de Dentaș Romania sur le marché roumain des plateaux alvéolés en fibre moulée pour œufs. Le rachat n’est donc pas présenté comme autorisé sans condition. Les engagements de Hartmann doivent répondre aux préoccupations concurrentielles relevées pendant l’examen.
L’opération marquerait l’entrée de Hartmann dans la production industrielle en Roumanie. L’usine de Dentaș Romania a été créée en 2004 et a démarré sa production à la mi-2006. Sa maison mère exploite également des unités comparables en Turquie. L’entreprise roumaine a réalisé un chiffre d’affaires de 114 millions de lei, soit 22 millions d’euros, en 2025.
Quatre lignes réservées aux marchés d’exportation
La première mesure concerne l’affectation de la production. Hartmann convertirait deux lignes précédemment détenues par Dentaș Romania afin qu’elles ne produisent plus de plateaux à œufs standards, mais des boîtes à couvercle. Deux autres lignes existantes destinées à ces boîtes seraient modernisées. Pendant deux ans, toute la production des quatre lignes serait exclusivement destinée aux marchés d’exportation.
Cet engagement retirerait du marché roumain une part définie des capacités de l’usine acquise pendant la période d’application. Deux lignes changeraient de gamme sans être arrêtées. La source ne précise ni la capacité des quatre lignes, ni les volumes d’exportation attendus, ni leurs marchés de destination.
Hartmann cesserait également les importations de Dentaș Kağıt Sanayi A.S. depuis la Turquie par l’intermédiaire de Dentaș Romania et abandonnerait les marques Dentaș. Avec l’engagement à l’export, cette disposition modifierait à la fois le rôle de l’usine dans l’approvisionnement roumain et ses liens commerciaux avec son ancien propriétaire turc.
Garde-fous sur les prix et les contrats
Pendant deux ans, Hartmann propose de maintenir les prix moyens pondérés annuels au niveau des prix moyens pondérés de référence appliqués en 2025. Tout ajustement serait plafonné à la variation cumulée de l’indice roumain des prix à la consommation. La mesure vise la crainte du régulateur d’une hausse des prix des plateaux alvéolés en fibre moulée après l’autorisation de l’opération.
Hartmann s’engagerait aussi à ne pas imposer de contrats de plus de 12 mois, de restrictions de volumes ou de pénalités. Le groupe informerait ses clients qu’ils restent libres de contacter tout fournisseur du marché roumain des emballages en fibre moulée pour œufs, de négocier et de travailler avec lui. Ces dispositions doivent préserver leur capacité à changer de fournisseur et faciliter l’accès des concurrents à la demande.
Hartmann a déclaré un chiffre d’affaires net de 3,8 milliards de couronnes danoises en 2024, soit plus de 500 millions d’euros au taux de change actuel cité par Ziarul Financiar. Le groupe emploie environ 3 000 personnes et possède des usines au Canada, aux États-Unis, en Argentine, au Brésil, au Danemark, en Hongrie, en Croatie, en Israël et en Inde. Après la consultation, le Conseil de la concurrence devra déterminer si l’ensemble des mesures répond suffisamment aux préoccupations avant de statuer définitivement sur le rachat.