La Grèce rejoint 10 pays de l’UE réclamant une révision du coût carbone des carburants
La Grèce et neuf autres États de l’UE demandent une révision de l’ETS2 et un assouplissement du marché carbone. Le différend oppose le coût pour les ménages et l’industrie aux incitations nécessaires pour réduire les émissions du transport et du chauffage.
Dix pays contestent le futur coût carbone des combustibles
La Grèce s’est jointe à neuf autres pays de l’Union européenne pour demander à la Commission européenne d’assouplir les futures règles du marché carbone et de réexaminer une nouvelle charge sur les combustibles fossiles destinés au transport et au chauffage. Cette initiative constitue un obstacle politique majeur au projet d’étendre la tarification du carbone au-delà des grandes installations industrielles, vers des secteurs où les ménages et les entreprises ressentent plus directement les coûts.
Le groupe comprend également l’Italie, la Pologne, la Bulgarie, Chypre, la Tchéquie, l’Estonie, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie. Selon in.gr, qui cite une déclaration commune obtenue par Reuters, ces gouvernements estiment que les citoyens européens ne devraient pas supporter de nouvelles taxes climatiques dans les conditions économiques et géopolitiques actuelles. Ils veulent que l’ETS2 soit traité dans le cadre de la prochaine révision du système européen d’échange de quotas d’émission et fasse l’objet d’un nouvel examen approfondi.
La Commission doit présenter vendredi un projet de révision du système d’échange de quotas. Le dispositif existant oblige les industries polluantes à payer pour leurs émissions de dioxyde de carbone, tandis que l’ETS2 doit créer un coût carbone pour les combustibles utilisés dans le transport routier et les bâtiments. Sa conception déterminera, pour les fournisseurs, les transporteurs, le marché du chauffage et les consommateurs énergivores, la vitesse de transmission des nouveaux coûts dans les chaînes d’approvisionnement.
Le coût pour les consommateurs divise les gouvernements
L’Allemagne et la Suède comptent parmi les pays favorables à la mesure pour lutter contre le changement climatique, rapporte in.gr. Ses partisans jugent qu’un signal-prix plus fort est indispensable pour réduire les émissions des véhicules et des systèmes de chauffage. Dans ces secteurs, l’évolution dépend des investissements de millions de consommateurs et d’entreprises, et pas seulement d’un nombre limité de grands sites industriels.
Ils soulignent aussi que les recettes seraient réinvesties afin d’aider les citoyens à adopter des technologies propres. Ce mécanisme doit atténuer la charge nette pour les consommateurs. Les gouvernements opposés au projet craignent néanmoins une hausse des prix avant que les ménages et les entreprises puissent financer des véhicules alternatifs, de nouveaux équipements de chauffage ou des travaux d’efficacité énergétique.
Face aux objections de plusieurs gouvernements préoccupés par les prix des carburants, la Commission a déjà reporté d’un an la révision du marché carbone. Elle a déclaré ne pas vouloir modifier davantage le projet avant son entrée en vigueur, afin de laisser aux entreprises du temps et de la visibilité pour se préparer. Les gouvernements nationaux et le Parlement européen pourraient toutefois ajouter leurs propres amendements pendant les négociations et le vote, notamment sur le calcul ou l’application des charges de l’ETS2.
Les quotas gratuits ouvrent un autre conflit industriel
Les 10 gouvernements réclament également des changements pour les industriels déjà soumis au marché des émissions. Leur déclaration demande davantage de quotas gratuits sans conditions strictes. La Commission prévoit au contraire de les réserver aux entreprises qui s’engagent à investir dans la décarbonation.
Ce désaccord pèse sur le choix des producteurs entre investir dans des équipements plus propres, absorber la hausse des coûts réglementaires ou la répercuter sur leurs clients. Des quotas inconditionnels supplémentaires pourraient protéger à court terme les marges et la compétitivité de l’industrie. Les lier à l’investissement maintiendrait une incitation plus forte à moderniser la production, mais pourrait accroître les besoins de financement.
Selon in.gr, la coalition opposée au projet dispose de suffisamment de voix dans le système européen pour bloquer les modifications qu’elle refuse. La révision dépendra donc d’un compromis entre le pouvoir d’achat des ménages, la compétitivité industrielle et la crédibilité des objectifs d’émissions. Pour les fournisseurs d’énergie et les fabricants, l’enjeu porte autant sur le prix final du carbone que sur le calendrier, les conditions et la prévisibilité des règles d’investissement.