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Le gaz roumain a presque doublé en deux mois et dépasse le hub de Vienne

Les cotations du gaz à la Bourse roumaine des marchandises sont passées de 273,78 lei/MWh le 20 juillet 2026 à un sommet de 511,18 lei/MWh à la mi-septembre et s'établissent désormais autour de 460 lei/MWh, au-dessus de l'équivalent de 380 lei/MWh au hub de Baumgarten. Les ménages sont protégés par un plafonnement jusqu'en mars 2027 et Romgaz fournit plus de 80% de leur consommation à prix réglementé. L'industrie reste exposée aux prix européens.

Le gaz roumain a presque doublé en deux mois et dépasse le hub de Vienne

Les prix du gaz naturel en Roumanie ont presque doublé en deux mois : selon une analyse publiée par Economedia, les cotations à la Bourse roumaine des marchandises (BRM) sont passées d'un plancher de 273,78 lei/MWh le 20 juillet 2026 à un sommet de 511,18 lei/MWh à la mi-septembre. La pression s'est légèrement relâchée ces derniers jours, les cours se maintenant autour de 460 lei/MWh, un niveau toujours très supérieur à la principale référence régionale.

Le marché s'en trouve coupé en deux. Les ménages sont protégés par un plafonnement des prix imposé par l'État jusqu'en mars 2027, et Romgaz couvre plus de 80% de la demande résidentielle à un prix réglementé, a déclaré son directeur général Răzvan Popescu lors de l'Eurogas Annual Regional Conference 2026 à Bucarest, rapporte Realitatea. Les acheteurs industriels n'ont aucune protection équivalente.

Un quasi-doublement sur la BRM

Economedia attribue la hausse à la pression pour constituer le niveau de stockage le plus élevé possible avant la saison froide, aux coûts d'acquisition élevés et aux spéculations sur la disponibilité des volumes issus de la production nationale. Les stocks s'étaient largement vidés après l'hiver dernier, exceptionnellement rigoureux, obligeant fournisseurs et producteurs à les reconstituer depuis un niveau bas.

La Roumanie atteint un taux de remplissage de 81%, parmi les meilleurs niveaux européens. L'Autriche se situe à 68%, conformément au minimum assoupli de 80% fixé par la Commission européenne pour 2026, contre 90% exigés pour 2025. L'obligation faite aux grands fournisseurs et aux producteurs Petrom et Romgaz d'acheter de gros volumes entre avril et aujourd'hui, quelles que soient les cotations du moment, a artificiellement stimulé la demande sur la BRM et poussé les prix à la hausse, indique Economedia.

Pourquoi Vienne cote plus bas

Au hub de Baumgarten, près de Vienne, le gaz se négocie actuellement à environ 75 euros/MWh, soit l'équivalent de près de 380 lei/MWh, c'est-à-dire quelque 80 lei/MWh, ou environ 21%, en dessous du niveau roumain actuel. Economedia avance des raisons structurelles, logistiques et réglementaires à cet écart :

  • Liquidité et intégration au marché unique européen : Baumgarten est la place gazière la plus importante et la plus liquide d'Europe centrale et orientale et la référence régionale, où de gros volumes issus de sources multiples sont échangés par des dizaines d'acteurs internationaux, de grands négociants et des producteurs. Le marché roumain affiche une liquidité bien plus faible et un nombre restreint de participants actifs.
  • Diversité des sources : Vienne est reliée à plusieurs corridors flexibles, dont du gaz naturel liquéfié importé via les terminaux d'Europe de l'Ouest, du gaz de la mer du Nord et des flux alternatifs, ce qui permet aux acheteurs de choisir l'offre la moins chère du continent.
  • Dépendance aux importations : la Roumanie s'appuie largement sur sa propre production et sur une seule source d'importation, la Turquie via la Bulgarie.

Ménages plafonnés, industrie exposée

Răzvan Popescu a indiqué que le consommateur domestique final est couvert par du gaz produit en Roumanie et qu'il ne voit pas de problème d'approvisionnement pour ce segment. « Pour les non-résidentiels, pour l'industrie, c'est en revanche un problème qui existe depuis plusieurs années. Nous sommes simplement liés aux prix européens. Il y a actuellement une concurrence entre les prix de l'Asie du Sud-Est et les prix européens », a-t-il déclaré, selon Realitatea.

La Roumanie entre donc dans la saison de chauffe avec un marché à deux vitesses : un approvisionnement résidentiel assuré par la production nationale à des tarifs réglementés, et des consommateurs industriels exposés à la formation des prix européens et à la concurrence entre marchés extérieurs. Economedia souligne que la hausse du coût de marché finira par atteindre aussi les ménages à l'expiration du plafonnement.

Autorisations et base de coûts de la production

Răzvan Popescu a désigné la durée des procédures d'autorisation comme l'un des principaux obstacles au développement des projets gaziers. Le forage d'un puits terrestre profond peut prendre jusqu'à six mois, tandis que l'obtention des permis nécessaires peut atteindre trois ans. Il a pointé l'absence de guichet unique pour le dépôt des dossiers et de délais de réponse clairs de la part des ministères et des autorités, ajoutant qu'après le forage, les infrastructures de surface exigent une nouvelle procédure d'approbation avant la mise en production.

Romgaz investit plus de 200 millions d'euros par an uniquement pour maintenir la production à un niveau adéquat, la plupart des gisements de son portefeuille étant matures et exploités depuis des décennies. L'entreprise a relancé le projet Caragele et reforé les puits les plus profonds de son portefeuille afin de freiner le déclin naturel des gisements. Selon lui, Neptun Deep est livré dans un délai plus court que prévu, et le temps, aux côtés de la volatilité des prix de marché, constitue le principal ennemi des projets énergétiques.

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