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La France prépare sa première livraison de blé au Soudan depuis 18 ans

La France prépare l’expédition de 67 000 tonnes de blé vers le Soudan, une première depuis 2008. La Russie a représenté environ 90 % des importations soudanaises de blé en valeur au premier semestre 2026, ce qui place les exportateurs français face à un marché difficile à reconquérir.

La France prépare sa première livraison de blé au Soudan depuis 18 ans

Première cargaison française depuis 2008

Un vraquier se prépare à charger environ 67 000 tonnes de blé français à destination du Soudan. Il s’agit de la première expédition de ce type entre les deux pays depuis 18 ans. Selon les données du London Stock Exchange Group citées par Al-Araby Al-Jadeed et The Sudan Times, le chargement devait commencer à Rouen, puis être complété à Dunkerque, dans le nord de la France.

Les données de la Commission européenne montrent que la France, premier producteur de blé de l’Union européenne, n’en a plus exporté vers le Soudan depuis août 2008. Cette cargaison marque donc un retour sur un marché devenu très dépendant des céréales de la mer Noire. Les négociants cherchent à déterminer s’il s’agit d’une opération isolée ou du début d’une reconquête plus durable par les fournisseurs français.

La Russie dispose d’une avance considérable

La Russie reste de loin le premier fournisseur de blé du Soudan. Selon la Banque centrale du Soudan, le blé russe a représenté 341 millions de dollars sur des importations totales évaluées à 381 millions de dollars au premier semestre 2026. Sa part atteint ainsi environ 90 % en valeur. Le Soudan a importé près de 1,3 million de tonnes de blé pendant ces six mois.

La position russe s’est renforcée avec la reprise de la demande des minoteries soudanaises. Interfax a rapporté, en citant le centre fédéral russe Agroexport, que la Russie avait livré environ 1,7 million de tonnes de blé au Soudan entre le 1er juillet 2025 et le début d’avril 2026, contre 0,7 million de tonnes un an auparavant. TASS a ensuite fait état d’environ 2,2 millions de tonnes sur l’ensemble de la campagne agricole 2025/2026, soit deux fois le volume de la campagne précédente et deux fois la moyenne des cinq dernières années.

Le prix et la fiabilité seront déterminants

La cargaison française arrive alors que les attaques contre les ports et les navires perturbent le commerce en mer Noire et poussent les importateurs à examiner d’autres origines. Les négociants cités dans les informations consacrées à l’opération n’ont pas pu établir si le blé français remplacerait des volumes russes ou ukrainiens. La France devra affronter une chaîne d’approvisionnement russe bien installée, tandis que les acheteurs soudanais restent confrontés au manque de devises, à la dépréciation de la monnaie locale et aux perturbations liées au conflit commencé en 2023.

Le département américain de l’Agriculture prévoit que les importations soudanaises atteindront environ 2,8 millions de tonnes en 2026/2027. La France dispose de volumes supplémentaires après une campagne d’exportation soutenue. Haropa Port indique que Rouen a traité 8,4 millions de tonnes d’exportations céréalières en 2025/2026, soit 61 % de plus que la campagne précédente et davantage que la moyenne décennale de 7,4 millions de tonnes. Le blé meunier en représentait 5,6 millions de tonnes; Rouen a desservi 41 pays et assuré plus de la moitié des exportations maritimes françaises de céréales. Une seule cargaison de 67 000 tonnes ne réduira toutefois pas sensiblement l’emprise russe. La répétition des ventes dépendra du prix rendu, des modalités de paiement et de la capacité à maintenir une logistique fiable vers un marché touché par la guerre.

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