La France va reprendre ses livraisons de blé au Yémen avec une cargaison de 60 000 tonnes
Un vraquier se prépare à acheminer environ 60 000 tonnes de blé français vers le Yémen, une première depuis septembre 2022. Cette reprise intervient alors que les perturbations en mer Noire poussent les importateurs à diversifier leurs approvisionnements.
Première cargaison française depuis septembre 2022
Un vraquier se prépare à charger environ 60 000 tonnes de blé français à destination du Yémen, soit le premier envoi sur cette route depuis septembre 2022. Selon Youlyou, l'opération intervient alors que les importateurs recherchent des solutions de remplacement aux approvisionnements de la mer Noire, affectés par l'escalade militaire dans la région.
Les données maritimes du London Stock Exchange Group indiquent que le navire a déjà chargé 40 000 tonnes à Rouen et doit en prendre 20 000 supplémentaires à Dunkerque, dans le nord de la France. Cette seconde opération portera la cargaison totale à environ 60 000 tonnes. Les registres de la Commission européenne la présentent comme la première livraison de blé français au Yémen depuis quatre ans.
Les perturbations en mer Noire modifient les achats
La livraison prévue souligne la vulnérabilité du marché céréalier yéménite, tributaire des importations, face aux interruptions des grands corridors d'approvisionnement. La Russie et l'Ukraine comptent parmi les principaux fournisseurs de blé du marché international, tandis que la poursuite de l'escalade militaire autour de la mer Noire accroît l'incertitude sur la disponibilité et l'acheminement des cargaisons concurrentes. Les acheteurs examinent donc un éventail plus large d'origines afin de réduire leur exposition aux perturbations.
Les exportateurs français ont également expédié plusieurs cargaisons de blé vers l'Égypte et le Soudan au cours du mois écoulé, selon Youlyou. Les opérateurs y voient un signe supplémentaire que certains importateurs du Moyen-Orient et d'Afrique recherchent des solutions au-delà de leurs fournisseurs habituels de la mer Noire. La cargaison yéménite ne suffit pas à établir un flux commercial durable, mais elle rouvre un débouché absent du récent programme d'exportation français.
L'amélioration de la qualité soutient le blé français
Le temps chaud et sec en France a amélioré la qualité meunière de la récolte de blé de cette année, renforçant son attrait auprès des acheteurs du Moyen-Orient et d'Afrique. Les importateurs de ces régions privilégient souvent le blé de la mer Noire. La qualité, le prix et le coût du fret sont donc déterminants pour les fournisseurs français. L'amélioration des caractéristiques meunières, associée aux incertitudes entourant les expéditions concurrentes, donne au blé français la possibilité de capter une demande supplémentaire.
La France est le premier producteur de blé de l'Union européenne et l'un des principaux exportateurs du bloc, même si sa position est de plus en plus concurrencée par la Roumanie et la progression de ses flux vers les marchés mondiaux. Pour les producteurs et négociants français, la commande yéménite crée un débouché supplémentaire après les récentes opérations avec l'Égypte et le Soudan. Pour les acheteurs yéménites, l'accès au blé français élargit la base d'approvisionnement au moment où la fiabilité des livraisons pèse davantage dans les décisions d'achat. La poursuite de cette route au-delà de la cargaison de 60 000 tonnes dépendra de la continuité du commerce en mer Noire, des disponibilités françaises et du coût relatif des origines concurrentes.