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Les États-Unis menacent l'Inde de droits de douane de 100 % sur fond d'achats de brut russe

L'Inde s'apprête à accroître ses achats de brut russe après une perturbation de l'approvisionnement en provenance d'Asie de l'Ouest, mais cette décision pourrait entraîner des droits de douane américains de 100 % sur les produits indiens, selon la presse indienne. La condition porte sur l'origine du pétrole et non sur l'accès au marché, ce qui met en péril l'accord de libre-échange en négociation.

Les États-Unis menacent l'Inde de droits de douane de 100 % sur fond d'achats de brut russe

Des droits de douane liés à l'origine du brut

Le projet indien d'acheter davantage de brut russe se heurte à une menace commerciale directe de Washington. Selon la presse indienne, les États-Unis pourraient imposer des droits de douane de 100 % sur les produits indiens si New Delhi augmente ses achats de pétrole russe, une option que l'Inde étudie après la perturbation des livraisons en provenance d'Asie de l'Ouest.

Ce taux constitue à ce jour le seul chiffre ferme des informations disponibles, et il est prohibitif plutôt que protecteur. Des droits de 100 % doublent le coût d'un envoi rendu à destination et ne laissent pratiquement aucune marge à l'exportateur. Dans la plupart des positions tarifaires, le commerce ne se poursuit pas à ce niveau : il s'arrête. Ni la date d'entrée en vigueur, ni l'instrument juridique, ni la liste des produits visés n'ont été rendus publics, de sorte que le calendrier comme la portée restent ouverts.

L'accord de libre-échange fragilisé

La première victime serait l'accord de libre-échange bilatéral en cours de négociation entre les deux gouvernements. La presse indienne indique que la menace tarifaire pourrait faire dérailler ces discussions. Un accord de libre-échange repose sur un démantèlement réciproque et échelonné des droits sur plusieurs années ; un taux unilatéral de 100 % appliqué hors de ce cadre ruine l'idée que chaque partie peut se fier au calendrier qu'elle signe.

Pour les négociateurs, la difficulté tient au fait que le déclencheur se situe entièrement hors du dossier commercial. Les points de friction habituels — accès au marché pour l'agriculture et les produits laitiers, automobiles, dispositifs médicaux, règles numériques — ne sont pas en cause ici. La condition porte sur l'approvisionnement énergétique de l'Inde. Des concessions à la table de négociation ne suffiraient donc pas à lever la menace, et la partie indienne se retrouve sans contrepartie à offrir.

Pourquoi l'Inde se tourne vers les barils russes

Ce redéploiement des achats fait suite à la perturbation des livraisons de pétrole depuis l'Asie de l'Ouest. L'Inde exploite l'un des plus grands systèmes de raffinage au monde et importe la majeure partie du brut qu'elle traite : la défaillance d'une route majeure doit donc être compensée en quelques semaines, pas en quelques mois. Les qualités russes sont l'option actuellement examinée.

Pour les raffineurs indiens, le calcul a toujours été un écart de prix : la décote du baril russe face au coût commercial et politique de son achat. Ce que change une menace de droits de 100 %, c'est l'identité du payeur. Ce n'est plus le raffinage, qui capte la décote, mais les exportateurs de produits sans aucun lien avec le pétrole.

Ce que surveillent exportateurs et raffineurs

Tant que la portée de la mesure n'est pas définie, les exportateurs indiens ne peuvent pas couvrir ce risque avec précision. Les questions concrètes sont les suivantes :

  • Les droits s'appliqueraient-ils à l'ensemble des produits indiens ou à certaines catégories seulement
  • Quel volume ou quelle part de brut russe les déclencherait, et comment ce seuil serait mesuré
  • Les négociations de l'accord de libre-échange se poursuivent-elles en parallèle ou sont-elles suspendues tant que la menace subsiste
  • À quelle vitesse les raffineurs indiens pourraient se réapprovisionner auprès d'autres fournisseurs en cas d'application

Le signal plus large pour les flux commerciaux est que politique énergétique et droits de douane sur les marchandises sont désormais maniés comme un seul levier. Le coût d'une décision prise au nom de la sécurité énergétique serait supporté par des exportateurs de secteurs étrangers au pétrole : textile, biens d'équipement, joaillerie et pierres précieuses, produits pharmaceutiques, produits de la mer. Les importateurs américains qui s'approvisionnent en Inde font face au problème inverse : un risque impossible à valoriser, puisqu'il dépend d'une décision d'achat de brut prise dans un autre pays. C'est ce couplage, davantage que le taux lui-même, qui rend l'issue difficile à anticiper des deux côtés.

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