Les ventes de voitures en Espagne progressent de 10,2 % en septembre mais restent sous le niveau d'avant la pandémie
Le marché espagnol des voitures particulières a progressé de 10,2 % en septembre sur un an, porté par les modèles électrifiés. Malgré cette hausse à deux chiffres, les immatriculations mensuelles restent inférieures aux niveaux d'avant la pandémie.
Le marché espagnol des voitures particulières a progressé de 10,2 % en septembre par rapport au même mois un an plus tôt, l'essentiel de l'impulsion venant des modèles électrifiés. La hausse prolonge la tendance ascendante du marché, mais les volumes mensuels restent inférieurs aux niveaux atteints avant la pandémie.
Le chiffre de 10,2 % porte sur les voitures particulières (turismos) et constitue le seul indicateur chiffré publié pour le neuvième mois de l'année. Aucune ventilation par marque, par canal de vente ou par type de motorisation ne l'accompagne, et la comparaison avec la période d'avant la pandémie est formulée de manière qualitative, sans chiffrage de l'écart de volume.
Les électrifiés portent la hausse
Dans les statistiques du marché espagnol, la catégorie des électrifiés regroupe les voitures 100 % électriques et les hybrides rechargeables, la plupart des décomptes y ajoutant les hybrides classiques. Attribuer la croissance de septembre à ce groupe traduit un changement de mix plutôt qu'une reprise généralisée : ce qui progresse, c'est la partie de la gamme aux prix de transaction moyens les plus élevés et la plus dépendante des aides à l'achat et de la disponibilité de la recharge.
Pour les importateurs et les distributeurs, le mix compte autant que le volume. Un véhicule électrifié présente une nomenclature différente, une structure de marge différente et une économie d'après-vente différente de celles d'une essence ou d'un diesel comparable. Une part croissante d'électrifiés augmente le chiffre d'affaires par unité même quand les immatriculations totales restent contenues, et elle déplace la demande de composants vers les batteries de traction, l'électronique de puissance et les équipements de recharge, des catégories approvisionnées pour l'essentiel hors d'Espagne.
Des volumes toujours éloignés de la référence d'avant-crise
Pour quiconque dimensionne des capacités, la persistance de cet écart est la partie la plus lourde de conséquences. Les hausses mensuelles en pourcentage n'ont pas ramené le marché à sa base antérieure, ce qui renvoie davantage aux conditions d'accès à l'achat et de renouvellement du parc qu'à une demande différée qui s'exprimerait aujourd'hui. Les effets traversent toute la chaîne :
- Les réseaux de concessionnaires et les ateliers ont été dimensionnés pour un volume plus élevé, si bien que la couverture des coûts fixes reste tendue même dans un marché en croissance.
- Un flux réduit de voitures neuves ralentit le renouvellement du parc roulant et déplace la demande d'entretien et de pièces vers des modèles plus anciens.
- Un volume de neuf plus faible limite l'offre de véhicules récents d'occasion, ce qui soutient les valeurs résiduelles et les prix de l'occasion.
- Les usines d'assemblage et les fournisseurs de composants en Espagne dépendent bien davantage de la demande à l'export que du marché intérieur : un mois d'immatriculations dit donc peu de chose de la production nationale.
Ce que ce mois indique et ce qu'il n'indique pas
Un seul mois d'immatriculations est un signal faible en soi. Septembre clôt un trimestre, période où les immatriculations propres des concessionnaires et des constructeurs, les livraisons aux flottes et le calendrier d'achats des loueurs peuvent faire bouger le total. Sans ventilation par canal, les données publiées ne permettent pas d'établir quelle part de ces 10,2 % relève d'une véritable demande des particuliers.
Les taux annuels calculés sur une base faible surestiment également l'ampleur de la reprise. Pour les constructeurs, les importateurs et les investisseurs, l'indicateur décisif n'est pas le rythme de croissance mais le rapprochement du niveau d'avant la pandémie — et au vu de septembre, ce rapprochement reste inachevé.
Ce qu'il faudra surveiller
Trois variables décideront de la suite au quatrième trimestre : la continuité des aides à l'achat et la rapidité de leur versement effectif, le rythme de déploiement de la recharge publique, et la trajectoire des prix des électrifiés d'entrée de gamme à mesure que des offres moins chères arrivent sur le marché. Toutes trois agissent directement sur la part des électrifiés qui soutient aujourd'hui les immatriculations espagnoles, et toutes trois pèseront davantage sur l'écart avec les volumes d'avant-crise que le pourcentage de croissance lui-même.
Analyse complète du marché