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L’Espagne cherche en République dominicaine un relais dans la chaîne des semi-conducteurs

Les entreprises espagnoles pourraient utiliser la République dominicaine comme base complémentaire pour l’assemblage, les tests et le conditionnement des semi-conducteurs, ainsi que pour l’électronique spécialisée. Le pays associe un réseau de zones franches établi, la proximité de l’Amérique du Nord et un soutien public croissant.

L’Espagne cherche en République dominicaine un relais dans la chaîne des semi-conducteurs

Une base complémentaire pour l’industrie des puces

L’Espagne examine le potentiel de la République dominicaine comme partenaire industriel, alors que gouvernements et entreprises réorganisent les chaînes d’approvisionnement en semi-conducteurs. Le pays caribéen ne cherche pas à concurrencer les pôles technologiques établis dans la fabrication des puces les plus avancées. Son créneau se situe dans l’assemblage, les tests, le conditionnement, les circuits imprimés et la fabrication électronique spécialisée.

Cette orientation reflète l’évolution des politiques industrielles. Les États-Unis encouragent la relocalisation des capacités de production, tandis que l’Europe recherche davantage d’autonomie technologique. Les perturbations de la pandémie et l’importance croissante de la sécurité économique ont également incité les entreprises à réduire leur dépendance à des chaînes trop concentrées. Les coûts restent essentiels, mais la proximité, la résilience et la confiance pèsent davantage dans les décisions d’investissement.

Les zones franches offrent une plateforme industrielle

La République dominicaine dispose déjà d’une importante base manufacturière tournée vers l’exportation. Selon Cinco Días, ses exportations ont dépassé 14,3 milliards de dollars en 2025, dont 8,604 milliards provenaient des zones franches. Cet écosystème compte 98 parcs industriels, 858 entreprises et 200 000 emplois directs.

Les capacités existantes pourraient soutenir une progression graduelle dans les activités liées aux semi-conducteurs. Les dispositifs médicaux génèrent près de 3 milliards de dollars d’exportations annuelles, et cinq des dix principaux fabricants mondiaux du secteur sont présents dans le pays. L’électronique est devenue le deuxième poste d’exportation des zones franches. La stratégie s’appuie donc sur un appareil industriel opérationnel plutôt que sur un projet à créer entièrement.

La situation géographique renforce cette offre. La République dominicaine est proche du marché nord-américain et dispose de liaisons maritimes et aériennes, d’accords commerciaux et de coûts d’exploitation compétitifs. Pour les entreprises espagnoles qui souhaitent se développer dans les Amériques, elle pourrait relier production, logistique et accès aux marchés régionaux.

Les investissements espagnols consolident les liens

Les flux de capitaux montrent que les entreprises espagnoles connaissent déjà le marché. La République dominicaine a attiré 5,032 milliards de dollars d’investissements directs étrangers en 2025. L’Espagne a été le premier investisseur étranger avec 1,086 milliard de dollars, soit 21,5 % du total annuel. Les investissements espagnols cumulés entre 2010 et 2025 ont dépassé 5,328 milliards de dollars.

Le gouvernement dominicain a également placé les semi-conducteurs plus haut dans ses priorités industrielles. Le décret 324-24 a déclaré le développement de cette industrie priorité nationale, tandis qu’une stratégie nationale de soutien a été préparée avec Purdue University, le MIT et l’OCDE. Elle cible les segments dans lesquels le pays peut créer progressivement de la valeur, sans chercher à rivaliser immédiatement dans les technologies de fabrication les plus avancées. Des formations techniques et des partenariats universitaires doivent préparer la main-d’œuvre nécessaire.

La concrétisation de cette possibilité dépendra toutefois de l’exécution. L’assemblage et les tests de semi-conducteurs comme la fabrication électronique exigent une politique constante, des investissements, des compétences techniques et une coordination entre l’État et l’industrie. Pour l’Espagne, la République dominicaine offre des relations commerciales établies et un moyen de diversifier les activités près des États-Unis. Pour le pays caribéen, les capitaux et l’expérience industrielle espagnols pourraient faire évoluer les zones franches vers des activités à plus forte valeur sans abandonner la plateforme exportatrice qui soutient déjà des centaines d’entreprises et des milliers d’emplois.

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