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Les restrictions sur la culture de la banane en Égypte suscitent des critiques

Un ancien responsable agricole égyptien conteste les restrictions imposées à la culture de la banane sur les anciennes terres agricoles, la production nationale couvrant tout juste la demande. Le débat porte sur le risque de voir une mesure d’économie d’eau affaiblir l’autosuffisance et stimuler les importations.

Les restrictions sur la culture de la banane en Égypte suscitent des critiques

Un ancien responsable conteste la politique agricole

Les restrictions égyptiennes sur la culture de la banane sont critiquées par un ancien haut responsable agricole. Selon lui, les surfaces actuelles suffisent à répondre à la demande intérieure, mais ne dégagent pas d’excédent significatif pour l’exportation. Le débat pose donc la question suivante : les limitations destinées à économiser l’eau risquent-elles de réduire l’offre locale et d’accroître les besoins en bananes importées ?

Mahmoud Atta, ancien sous-secrétaire au ministère égyptien de l’Agriculture, estime que près de 100 000 feddans sont consacrés à la banane dans le pays. Le rendement moyen atteint entre 40 et 60 tonnes par feddan, selon ses déclarations à Veto rapportées par Misr El Gedida.

Atta affirme que cette production permet à l’Égypte d’être autosuffisante en bananes. Elle couvre toutefois tout juste les besoins du marché égyptien et ne laisse aucun volume disponible à l’exportation. Il s’interroge donc sur la pertinence d’évoquer des importations tant que les exploitations locales peuvent satisfaire la consommation.

La consommation d’eau motive les restrictions

La politique a été adoptée en raison des grandes quantités d’eau et d’engrais nécessaires à la culture de la banane. Atta reconnaît ces besoins élevés en ressources et indique que certains agriculteurs hésitent déjà à planter cette culture pour cette raison.

Selon la décision décrite par Atta, la banane a été interdite sur certaines anciennes terres agricoles, mais est restée autorisée sur les nouvelles terres. Une seule période de culture d’environ 3 ans y a été permise. La mesure date de la période où El-Sayed El-Quseir était ministre de l’Agriculture et Mohamed Abdel Aty ministre des Ressources hydriques et de l’Irrigation. Son objectif déclaré était de préserver l’eau.

Atta conteste la distinction entre anciennes et nouvelles terres, estimant que la culture dans les nouvelles zones pourrait consommer encore davantage d’eau. Il affirme que la décision a été prise sans consulter les spécialistes et l’a vivement critiquée. Lorsqu’il était encore en fonction, il dit ne pas avoir appliqué la restriction et avoir donné des consignes verbales pour qu’aucun procès-verbal ne soit dressé contre les producteurs installés sur les anciennes terres.

Conséquences pour l’offre et les importations

Les chiffres avancés par Atta décrivent un marché disposant de peu de marge face à une baisse de la production nationale. Si la récolte correspond à peine à la consommation, tout recul des surfaces ou des rendements pourrait réduire les volumes accessibles aux grossistes et aux détaillants. Les importations pourraient alors servir à équilibrer le marché, mais la source ne fournit aucune donnée sur les volumes actuellement importés, les prix ou un éventuel déficit.

Pour les producteurs, la politique impose un arbitrage entre la préservation de l’eau et le maintien de la production nationale. Limiter les surfaces peut réduire la pression sur les ressources hydriques, mais déplacer les plantations vers de nouvelles terres ne garantit pas d’économies si celles-ci nécessitent davantage d’irrigation. Pour les importateurs et les négociants, l’effet dépendra de l’application de la mesure, des choix des agriculteurs et de la capacité des exploitations autorisées à conserver les volumes actuels.

Le désaccord concerne ainsi à la fois la gestion des ressources agricoles et la dépendance du marché alimentaire. L’argument central d’Atta est que l’Égypte a atteint l’autosuffisance en bananes sans constituer d’excédent exportable. Si les restrictions font baisser la production sans solution nationale équivalente, une partie de la demande pourrait se tourner vers les fournisseurs étrangers plutôt que d’améliorer uniquement l’efficacité de l’utilisation de l’eau.

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