Le déficit hydroélectrique ramène la Zambie et le Zimbabwe vers le charbon
Les sécheresses liées au climat affaiblissent la production hydroélectrique en Zambie et au Zimbabwe et ravivent l’intérêt pour le charbon. Cette évolution pourrait affecter l’alimentation de l’industrie et le marché régional de l’électricité.
La sécheresse révèle la dépendance à l’hydroélectricité
Les sécheresses liées au changement climatique perturbent la production d’électricité en Zambie et au Zimbabwe, deux pays qui ont organisé une grande partie de leur système électrique autour de l’hydroélectricité. Cette source représentait plus de 80 % de l’approvisionnement zambien et environ la moitié de celui du Zimbabwe voisin.
Cette concentration fragilise les deux réseaux lorsque la sécheresse réduit le volume d’eau disponible pour produire. Les conséquences ne concernent pas uniquement les électriciens. Une alimentation instable peut affecter les mines, les transformateurs, les fabricants et les autres entreprises énergivores, tout en compliquant les décisions de production et d’investissement.
Les pénuries ravivent l’intérêt pour le charbon alors que la Zambie et le Zimbabwe recherchent des sources moins directement dépendantes des précipitations. Le charbon peut fournir une production pilotable lorsque l’hydroélectricité recule, mais son retour accentuerait la tension entre les besoins immédiats de sécurité énergétique et la réduction de l’électricité fortement émettrice.
Le charbon revient dans le débat énergétique
Le regain d’intérêt pour le charbon reflète l’ampleur du risque hydroélectrique. En Zambie, où plus de quatre cinquièmes de l’approvisionnement dépendaient de l’eau, un déficit prolongé de production peut rapidement devenir une contrainte industrielle nationale. Le Zimbabwe dispose d’une base plus diversifiée, mais une part hydroélectrique proche de la moitié rend également les périodes de basses eaux importantes pour son économie.
Pour les producteurs et les acheteurs d’électricité, la priorité est de disposer d’une capacité fiable. L’hydroélectricité reste précieuse, mais la sécheresse montre que les actifs installés ne garantissent pas la production lorsque l’eau manque. Le charbon revient donc dans les discussions non comme un remplacement nécessaire de l’hydroélectricité, mais comme un moyen de soutenir le réseau durant les périodes de faible production hydraulique.
Les effets commerciaux se propagent dans les chaînes d’approvisionnement. Les coupures peuvent réduire le temps de fonctionnement, augmenter les coûts unitaires et rendre les livraisons des transformateurs et fabricants moins prévisibles. Les groupes miniers et les autres grands consommateurs doivent aussi intégrer la disponibilité de l’électricité dans leurs objectifs de production, leurs opérations de maintenance et leurs projets de capacité.
Des conséquences régionales
L’impact peut dépasser les frontières nationales, car les réseaux électriques d’Afrique australe sont interconnectés. Lorsque la Zambie ou le Zimbabwe dispose de moins d’électricité excédentaire, les marchés voisins ont moins de solutions pour compenser leurs propres déficits. Une concurrence accrue pour l’offre régionale renforce également l’importance des choix nationaux de production.
Le charbon peut soutenir le fonctionnement du système, mais il ne supprime pas l’exposition fondamentale aux chocs climatiques. La Zambie et le Zimbabwe doivent encore bâtir des réseaux capables de fonctionner malgré l’évolution des conditions hydrologiques. Pour les industriels, les négociants et les investisseurs, la question est de savoir si les nouvelles capacités fourniront une électricité fiable sans créer une nouvelle dépendance concentrée.
Le retour du charbon dans le débat indique à quel point les deux pays ont besoin d’une offre électrique garantie. L’hydroélectricité a donné à la Zambie et au Zimbabwe une importante base de production nationale, mais la sécheresse en a révélé les limites. Les décisions prises détermineront la compétitivité industrielle, la disponibilité régionale de l’électricité et l’équilibre entre sécurité énergétique et émissions.