Le Danemark met fin à près de 100 ans de production de légumes surgelés
La production danoise de légumes surgelés, vieille de près de 100 ans, a cessé, privant près de 150 producteurs de débouché pour leurs petits pois. Selon Politiken, 2 000 hectares de cultures légumières ont disparu du jour au lendemain, dont près de la moitié en agriculture biologique.
Une filière presque centenaire s’arrête
La production danoise de légumes surgelés a pris fin après près de 100 ans d’activité, accentuant le recul durable de la filière des fruits et légumes du pays. Politiken rapporte que la décision a été annoncée lors d’un appel Microsoft Teams d’une durée exacte de 30 minutes. La fermeture a supprimé le lien commercial entre les producteurs et l’activité nationale de légumes surgelés.
L’impact immédiat concerne près de 150 exploitants de Seeland, Lolland et Falster. Selon Politiken, ces agriculteurs se sont retrouvés sans acheteur pour leurs petits pois. Les conséquences ne se limitent donc pas à un site de transformation : elles touchent directement les assolements, l’utilisation des terres et la capacité des exploitations à poursuivre leur production légumière.
Quelque 2 000 hectares disparaissent
La fermeture a fait disparaître du jour au lendemain 2 000 hectares de cultures légumières danoises. Politiken précise que près de la moitié de ces surfaces était biologique. Le choc est particulièrement important pour l’offre biologique nationale, car le rétablissement de surfaces spécialisées suppose de trouver à la fois des producteurs adaptés et un débouché fiable.
Les petits pois destinés à la surgélation exigent une coordination étroite entre récolte, transformation et stockage. Lorsque le transformateur disparaît, les agriculteurs ne peuvent pas simplement maintenir la même culture sans trouver un autre acheteur. Ils doivent chercher un nouveau canal, changer de culture ou retirer les parcelles concernées de la production légumière. La rapidité de la fermeture leur laisse peu de temps pour adapter leurs programmes.
Viabilité des fermes et approvisionnement national
La perte de 2 000 hectares montre comment la fermeture d’un seul opérateur en aval peut toucher tout un réseau agricole régional. Près de 150 producteurs rencontrent simultanément le même problème de commercialisation. Cette concentration risque de compliquer la négociation de contrats de remplacement ou la réorientation de volumes importants vers d’autres circuits.
L’événement accentue un déclin qui a déjà entraîné une forte baisse de la production danoise de fruits et légumes au cours des dernières décennies, selon Politiken. Un économiste de l’alimentation cité par le journal estime que la contraction ne fait que commencer. Cet avertissement laisse entrevoir une pression accrue sur les producteurs si les acheteurs fiables et les capacités de transformation continuent de disparaître.
Pour les distributeurs et les entreprises alimentaires cherchant des produits danois, la réduction de la base productive limite les possibilités d’approvisionnement national. Les sources ne chiffrent ni les futures importations, ni les prix, ni la consommation, mais la baisse de l’offre locale peut accroître le besoin d’acheter des produits comparables ailleurs. L’effet dépendra de la capacité des exploitants à trouver de nouveaux clients, à changer de culture ou de leur décision de quitter le maraîchage.
Un test pour la filière restante
La question centrale est désormais de savoir si la filière horticole danoise restante pourra absorber les exploitations et les surfaces privées de débouché. La fermeture a supprimé à la fois un acheteur et l’infrastructure soutenant la production de légumes surgelés. Rétablir ce lien nécessiterait un marché commercialement viable pour les producteurs, ainsi que des capacités de transformation et de stockage.
Pour les producteurs conventionnels comme biologiques, ce cas souligne le risque d’une dépendance à un nombre limité de débouchés. Pour les transformateurs et les acheteurs, il montre qu’une seule fermeture peut rapidement réduire la base d’approvisionnement nationale. Le déclin de l’horticulture danoise n’est donc plus seulement une tendance statistique de long terme : pour près de 150 exploitants et 2 000 hectares, il est devenu une décision de production immédiate.