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La production de vin tranquille en Crimée chute de 24,7 % et celle de mousseux de 38 % de janvier à août 2026

La production de vin tranquille en Crimée a reculé de 24,7 % sur un an, à 3,44 millions de décalitres, de janvier à août 2026, tandis que le mousseux a chuté de 38 %, à 379 290 décalitres, selon les données de Rosalkogoltabakkontrol citées par Kommersant. La péninsule, qui fournit 19,9 % du vin tranquille russe, se contracte bien plus vite que le marché national. Les producteurs invoquent les retards de bouteilles et de bouchons, le coût du transport, les coupures d'électricité, le manque de carburant et la faible récolte de cépages blancs en 2025.

La production de vin tranquille en Crimée chute de 24,7 % et celle de mousseux de 38 % de janvier à août 2026

La production de vin tranquille en Crimée a chuté de 24,7 % sur un an de janvier à août 2026, à 3,44 millions de décalitres, et celle de vin mousseux de 38 %, à 379 290 décalitres, selon les données de l'autorité de régulation Rosalkogoltabakkontrol (RATK) citées par Kommersant. Le recul dans l'une des principales régions viticoles de Russie est nettement plus marqué que la moyenne nationale.

La Crimée décroche d'un marché national déjà en repli

Sur les huit premiers mois de 2026, la production russe de vin tranquille a diminué de 14,8 %, à 20,46 millions de décalitres, et celle de mousseux de 14,6 %, à 8,88 millions de décalitres. La région voisine de Krasnodar a beaucoup mieux résisté : le vin tranquille y a reculé de 9,3 %, à 9,17 millions de décalitres, et le mousseux de 6,4 %, à 5,34 millions de décalitres.

Selon le RATK, la Crimée a représenté 19,9 % de tout le vin tranquille et 10,2 % du mousseux produits en Russie de janvier à août, ce qui rend son décrochage significatif pour l'offre nationale. Sébastopol, comptabilisée séparément, s'est montrée plus stable : l'embouteillage de mousseux y a baissé de 10 %, à 521 850 décalitres, tandis que le tranquille progressait de 0,9 %, à 633 520 décalitres, depuis une base relativement faible.

Kommersant décrit la forte baisse de la viticulture russe comme l'une des tendances déterminantes du marché des alcools en 2026. Les acteurs du secteur l'attribuent à l'arrêt de l'embouteillage chez plusieurs grands producteurs et au recul des ventes au détail sous la pression de la hausse des prix et d'un assortiment plus restreint.

Logistique : bouteilles, bouchons et coûts de transport

Les vignerons de Crimée ne parviennent pas toujours à embouteiller et à expédier dans les délais. Alexander Stavtsev, dirigeant de WineRetail, indique que les délais de livraison se sont allongés : les bouteilles et les bouchons arrivent en retard, ce qui contraint les domaines à décaler leurs plans de production. Sergueï Michenkine, fondateur du domaine criméen Mancopia, explique que le manque de bouteilles a empêché de nombreuses entreprises d'embouteiller le vin déjà prêt pour l'expédier vers les entrepôts.

L'économie du fret s'est fortement dégradée. Une source du marché viticole a déclaré à Kommersant que le transport s'effectue dans des conditions de risque accru, que certaines sociétés refusent purement et simplement de se rendre sur la péninsule et que la livraison dans la région coûte en moyenne deux fois plus cher que la cargaison de bouteilles elle-même. Selon Michenkine, cela a renchéri les emballages de 30 à 40 %.

L'effet est inégal le long de la chaîne. Alexander Lipiline, directeur exécutif de la maison de négoce Fort, raconte qu'un domaine criméen a retardé cette année une livraison de deux à trois semaines pour des raisons logistiques. Le groupe Ladoga affirme à l'inverse que les expéditions depuis la Crimée sont stables depuis la fin de l'an dernier.

Coupures d'électricité, carburant et vendange blanche 2025

L'approvisionnement électrique aggrave les contraintes logistiques. Depuis juillet, les coupures d'électricité en Crimée sont devenues habituelles, souligne Stavtsev, et les domaines manquent souvent de carburant. Kommersant cite la pénurie d'essence, le manque de matière première et la forte réduction du nombre de consommateurs potentiels parmi les pressions supplémentaires.

Le raisin constitue un goulot d'étranglement distinct. La sécheresse a réduit la récolte de cépages blancs en 2025 et laissé un volume de chardonnay insuffisant, de sorte que le mousseux a commencé à être élaboré à partir de cabernet sauvignon et d'autres cépages rouges classiques, une pratique jusque-là jugée exagérément coûteuse. La matière première de l'an dernier est pratiquement épuisée, indique Stavtsev, la récolte 2026 commence tout juste à arriver sur le marché et certains producteurs ont dû suspendre leur production.

Débouchés et perspectives

Les ventes faiblissent en parallèle. La baisse de la fréquentation touristique en Crimée cette année a réduit le nombre d'acheteurs potentiels, les voyageurs consommant habituellement un volume important de vin sur la péninsule.

Stavtsev s'attend à ce que cette contraction soit temporaire et met en avant la forte demande de vin criméen dans le segment de détail inférieur à 800 roubles la bouteille. Michenkine ajoute que la récolte de raisin 2026 en Crimée est bonne.

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