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La Corée du Sud étudie une adhésion au CPTPP malgré l’opposition agricole

La Corée du Sud a officiellement annoncé qu’elle étudierait une adhésion au CPTPP afin de gagner de nouveaux marchés, dont le Mexique, et de développer les exportations de biens de consommation et de contenus coréens. Les organisations agricoles s’y opposent, soulignant un taux moyen de suppression des droits de douane de 96,3 % pour les produits alimentaires et agricoles.

La Corée du Sud étudie une adhésion au CPTPP malgré l’opposition agricole

Le gouvernement infléchit sa position sur le CPTPP

La Corée du Sud a officiellement indiqué qu’elle étudierait une adhésion à l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste, ou CPTPP, suscitant une vive opposition des organisations agricoles et de la pêche. Le gouvernement voit dans cet accord un moyen d’accéder à de nouveaux marchés et d’accroître les exportations. Les producteurs craignent qu’une réduction plus poussée des droits de douane ne les expose davantage aux grandes puissances exportatrices agricoles.

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Kim Jung-kwan, a présenté cette orientation lors d’un rapport au président le 4. Il a déclaré que le gouvernement examinerait l’adhésion afin de conquérir de nouveaux marchés, notamment l’ASEAN et le Mexique, et d’augmenter les exportations de contenus coréens et de biens de consommation. Selon Kyeongin Ilbo, cette déclaration marque une évolution par rapport à la position maintenue depuis juin, selon laquelle aucune décision n’avait été prise concernant une candidature.

Les organisations agricoles redoutent les importations

Le 6, la Fédération coréenne de l’agriculture et de l’élevage, le Conseil coréen des organisations agricoles intégrées et d’autres groupements ont tenu une conférence de presse à l’Assemblée nationale. Ils ont estimé qu’une adhésion à un accord comprenant des puissances agricoles comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Chili augmenterait les arrivées de produits agricoles et d’élevage étrangers moins chers et fragiliserait la base productive nationale.

Ces organisations affirment que les agriculteurs et les pêcheurs subissent déjà les effets de l’ouverture prévue par les accords de libre-échange existants. Selon elles, le CPTPP entraînerait un degré de libéralisation sans précédent et menacerait les revenus des producteurs nationaux. Leurs craintes portent sur la suppression étendue des droits de douane et sur la concurrence directe de membres dotés de secteurs agricoles importants et compétitifs à l’échelle internationale.

L’écart tarifaire mesure les enjeux

Les données de l’Institut coréen d’économie rurale donnent une idée de l’ampleur du changement potentiel. Chez les membres du CPTPP, le taux moyen de libéralisation des produits alimentaires et agricoles, mesuré par la part des lignes tarifaires soumises à une suppression des droits, atteint 96,3 %. À titre de comparaison, les accords de libre-échange conclus par la Corée du Sud avec neuf membres du CPTPP affichent une moyenne de 78,4 %.

L’écart de 17,9 points de pourcentage ne détermine pas à lui seul les conséquences pour chaque produit. Le résultat dépendrait des engagements négociés par la Corée du Sud, des délais de mise en œuvre et du traitement des catégories sensibles. Ces chiffres expliquent toutefois pourquoi les producteurs considèrent l’adhésion comme une ouverture nettement plus large que celle prévue par les accords commerciaux déjà en vigueur.

Une étude sur l’impact agricole est lancée

Le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales a chargé l’Institut coréen d’économie rurale d’évaluer la baisse probable de la production agricole nationale et l’ampleur des dommages potentiels. Un responsable du ministère a reconnu que l’ouverture du marché entraînerait inévitablement des pertes pour l’agriculture nationale. Le gouvernement préparera les réponses nécessaires à partir des résultats de l’étude.

Les sauvegardes agricoles et les aides à l’adaptation seront donc au cœur de la prochaine phase du débat. Pour les exportateurs de biens de consommation et de contenus coréens, le CPTPP pourrait améliorer l’accès aux marchés participants. Pour les agriculteurs, les éleveurs et les entreprises de pêche, les questions essentielles concernent les produits protégés, le rythme de baisse des droits et la capacité des aides à compenser la pression sur les prix et la production. Le gouvernement a engagé un examen, mais le document source n’indique pas qu’une candidature officielle ait déjà été déposée.

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