Coal India prépare à Singapour une plateforme pour ses actifs miniers étrangers
Coal India compte ouvrir à Singapour son premier bureau à l’étranger afin de regrouper achats, négoce et acquisitions de charbon, de minerais critiques et de minerai de fer. Le groupe public travaille aussi sur le lithium et le cuivre au Chili ainsi que sur des partenariats en Australie.
Une première implantation étrangère
Coal India prévoit d’ouvrir à Singapour son premier bureau à l’étranger, appelé à piloter l’approvisionnement, les acquisitions et le négoce de matières premières sur les marchés internationaux. Le projet élargit le rôle du groupe public au-delà de la production indienne de charbon thermique, avec un mandat couvrant le charbon, les minerais critiques et le minerai de fer hors d’Inde.
Le conseil d’administration de Coal India a approuvé en mars 2026 la création à Singapour d’une société holding intermédiaire détenue à 100%. Selon la déclaration du groupe, cette entité recherchera des acquisitions de minerais critiques à l’étranger, gérera les investissements internationaux et offrira davantage de souplesse pour les futures opérations. Le montant de la souscription et la date de constitution restaient à déterminer lors de l’approbation.
Business Standard a rapporté en mai que Coal India souhaitait rendre l’entité singapourienne opérationnelle pendant l’exercice en cours, avant une filiale distincte prévue au Chili. Le président-directeur général B Sairam a indiqué que Singapour soutiendrait des collaborations avec des opérateurs miniers australiens dans les minerais critiques, les terres rares, le cuivre et le charbon à coke. Ces projets se trouvaient alors au stade des vérifications préalables.
Une plateforme pour les actifs et l’approvisionnement
Les missions de la structure singapourienne ne se limiteront pas à la détention de mines. Selon Business Standard, Coal India veut que ses filiales étrangères couvrent aussi le traitement, l’enrichissement, la logistique, les autorisations réglementaires et la recherche de débouchés. Une présence permanente peut également faciliter le choix de partenaires locaux et la coordination des licences dans plusieurs juridictions.
L’approche combine achats directs, investissements dans des actifs miniers, coentreprises et négoce. Cette diversité influe sur les délais: le développement d’une mine peut prendre plusieurs années, tandis que des contrats d’approvisionnement ou de négoce peuvent donner accès plus rapidement aux matières. Les informations disponibles ne précisent ni budget d’acquisition, ni volumes visés, ni calendrier propre à chaque transaction.
Coal India teste déjà cette stratégie au Chili. Reuters a rapporté que le groupe envisageait d’acheter Kuska Minerals, une filiale du canadien Wealth Minerals qui détient des actifs de lithium chiliens. Coal India et Kuska ont déposé ensemble une demande de permis d’extraction en octobre 2025. Une coentreprise reste une autre option, et la décision ne devrait intervenir qu’après l’octroi du permis par le Chili.
Une diversification vers le fer et le cuivre
Le groupe entre également dans le minerai de fer en Inde. Reuters a indiqué que Coal India avait remporté en août 2026 le bloc Gadadharpur, dans l’Odisha, au terme d’une adjudication concurrentielle. Selon l’entreprise, ce bloc renferme 288 millions de tonnes de ressources. Son attribution marque l’entrée de Coal India dans l’extraction de minerai de fer.
Le cuivre constitue un autre axe du programme international. Le secrétaire indien aux Mines a déclaré en avril que Coal India, Hindustan Copper et NTPC Mining discutaient avec le groupe public chilien Codelco de quatre blocs cuprifères. Reuters a ensuite rapporté que les vérifications se poursuivaient et que la production de concentré de cuivre pourrait encore être éloignée d’une décennie.
L’Inde sécurise ses chaînes minérales
Le projet singapourien s’inscrit dans la stratégie indienne de sécurisation des matières destinées à l’acier, aux véhicules électriques, au stockage d’énergie et aux infrastructures. Reuters a rapporté que New Delhi avait conclu des accords de coopération sur les minerais critiques avec l’Argentine, l’Australie et le Japon, tout en discutant de dispositifs plus larges avec le Pérou et le Chili. Des accords impliquant l’Allemagne, le Brésil et le Canada doivent aussi améliorer l’accès aux technologies, aux compétences et aux partenariats miniers.
Pour Coal India, l’effet immédiat sera surtout organisationnel et ne garantit pas de nouveaux volumes. Singapour donnera au groupe un véhicule consacré à l’évaluation et à la détention d’investissements étrangers, mais les permis, les audits et la rentabilité détermineront les projets retenus. L’impact commercial dépendra donc de sa capacité à convertir une recherche internationale étendue en actifs productifs et en contrats d’enlèvement fiables.