Le blé panifiable représente 78 % de la récolte russe 2026
Les premières données nationales de suivi qualité établissent la part du blé panifiable à 78 % de la récolte russe 2026 : 31 % de troisième classe, 47 % de quatrième et 22 % hors qualité alimentaire. Le grain sibérien domine avec un taux de gluten moyen pondéré de 24,5 %. La Turquie, la Chine et le Kazakhstan ont durci leurs exigences sur les résidus de pesticides.
Le blé de qualité alimentaire représente 78 % de la récolte céréalière russe 2026, selon les premiers résultats du suivi national de la qualité du blé pour cette campagne, rapportés par Interfax le 11 septembre.
Les chiffres ont été présentés par Maria Chostak, directrice de la filiale de l'Altaï du Centre d'évaluation de la sécurité et de la qualité des produits du complexe agro-industriel (TsOK APK, Barnaoul), organisme placé sous la tutelle du service de surveillance agricole Rosselkhoznadzor. Elle s'exprimait vendredi au forum « Céréales de Sibérie », organisé pour la cinquième fois à Barnaoul.
La quatrième classe domine le blé de meunerie
« Premières données du suivi de la qualité du blé dans toute la Russie : 31 % sont du blé de troisième classe, à teneur élevée en gluten, au poids spécifique correct et à l'excellente vitrosité. 47 % sont du blé de quatrième classe, 22 % sont du grain hors qualité alimentaire », a déclaré Maria Chostak, citée par Interfax. Les troisième et quatrième classes forment ensemble la part panifiable de 78 %.
L'équilibre penche vers la qualité de meunerie inférieure : à 47 %, la quatrième classe dépasse de moitié les 31 % de la troisième. Maria Chostak associe la troisième classe à une teneur élevée en gluten, un poids spécifique correct et une excellente vitrosité, autant de critères pour lesquels les meuniers paient une prime. Les 22 % restants sortent des spécifications alimentaires. Il s'agit des premiers relevés de la campagne : la répartition peut encore évoluer à mesure que d'autres régions sont échantillonnées.
La Sibérie fixe la référence qualité
Les résultats régionaux divergent nettement. Maria Chostak a mis en avant la Sibérie, et surtout le kraï de l'Altaï.
- Le kraï de l'Altaï se classe premier de Sibérie pour la qualité du grain, avec une part nettement accrue de blé des classes 1 à 4.
- Dans la Koulounda occidentale, 93 % du blé relève de la troisième classe, des chiffres qualifiés d'uniques par Maria Chostak.
- La teneur moyenne pondérée en gluten du grain sibérien atteint 24,5 %, un niveau qu'aucune autre région russe n'affiche à la date actuelle du suivi.
- Dans l'Oural, le grain est de qualité correcte, tandis que les régions du sud et du centre affichent des indicateurs moyens.
Les importateurs relèvent le seuil pesticides
Plusieurs importateurs de blé ont récemment durci leurs exigences sur le grain importé, en particulier le « seuil pesticides » : le nombre de substances dont les résidus doivent être analysés avant l'expédition vers un pays donné. Selon Maria Chostak, la Turquie impose la recherche de 255 pesticides, la Chine de 230 et le Kazakhstan de 135. Ces seuils varient selon la destination : un lot validé pour un marché n'est pas automatiquement conforme pour un autre. Avant de constituer les lots d'exportation, elle recommande de vérifier en amont le seuil pesticides et les caractéristiques qualitatives.
En intégrant les exigences sur les mycotoxines et les graines d'adventices, c'est la Chine qui impose le plus grand nombre de barrières phytosanitaires, a indiqué Maria Chostak. Elle voit malgré tout des perspectives d'élargissement des livraisons russes de céréales et de produits céréaliers vers le marché chinois.
Une demande qui dépasse le blé en vrac
La Chine s'intéresse activement à l'orge, à l'avoine et aux pois russes, tandis que le lin et la farine de blé retiennent également l'attention, a précisé Maria Chostak. Elle n'exclut pas que des livraisons de son de l'Altaï vers le marché chinois débutent prochainement, ce qui étendrait la liste d'exportation de la région du grain aux coproduits de transformation.
D'autres destinations achètent un assortiment différent. Lentilles, soja et semoules de pois, de sarrasin et de blé partent vers le Kazakhstan, tandis que l'Iran et l'Afghanistan maintiennent une demande traditionnelle de lentilles de l'Altaï et de flocons d'avoine. Le forum « Céréales de Sibérie » a réuni environ 170 participants venus de régions russes, du Kazakhstan et de Corée du Sud.