Bangladesh : le paddy tombe à 650-750 takas le maund, les coûts d'engrais restent élevés
Les riziculteurs bangladais vendent le paddy entre 650 et 750 takas le maund, contre 1 000 à 1 200 takas un an plus tôt, selon The Daily Observer. Les engrais demeurant chers, beaucoup d'exploitations ne couvrent plus leurs coûts de culture et la marge glisse vers les rizeries et les négociants.
Les riziculteurs bangladais écoulent leur récolte entre 650 et 750 takas le maund, contre 1 000 à 1 200 takas à la même période l'an dernier, alors que le coût des engrais reste élevé, ce qui empêche beaucoup d'entre eux de récupérer leur mise, rapporte The Daily Observer.
Environ un tiers sous le prix départ ferme de l'an dernier
L'écart est large aux deux extrémités de la fourchette. Le haut de la fourchette de cette campagne, 750 takas, se situe 25 % sous le bas de celle de l'an dernier, comprise entre 1 000 et 1 200 takas : le meilleur prix accessible aujourd'hui est inférieur au pire prix d'il y a un an. Au bas de la fourchette, 650 takas accusent un retard d'environ 46 % sur le sommet de 1 200 takas de la campagne précédente. Rapporté aux points médians, le paddy départ ferme vaut à peu près un tiers de moins qu'il y a douze mois.
Pour une culture dont la structure de coûts repose sur des intrants achetés, une variation de cette ampleur fait la différence entre une marge mince et une perte. C'est ce que souligne The Daily Observer : il ne s'agit plus de revenus en baisse, mais de coûts de culture non couverts. Les exploitations dans cette situation vendent en général tôt et en totalité plutôt que de stocker, car elles financent le semis suivant avec la recette de la récolte en cours.
Les coûts n'ont pas suivi les prix
L'engrais est le poste de charges mis en avant par l'article, et c'est aussi celui qui dépend le moins du marché du riz. Son prix au Bangladesh suit les valeurs importées de l'urée, des phosphates et de la potasse ainsi que le dispositif de subventions, et non ce qu'une rizerie paie le grain. Lorsque le prix de vente recule d'un tiers et que la facture d'intrants ne bouge pas, tout l'ajustement pèse sur l'exploitant.
La même asymétrie vaut pour les autres postes majeurs de la campagne : irrigation, main-d'œuvre et fermage. Aucun ne se renégocie à la baisse à l'intérieur d'un cycle de récolte. Un producteur qui a engagé son programme de fertilisation à des prix fixés des mois plus tôt n'a aucun moyen de récupérer cette dépense lorsque la récolte se vend en dessous des attentes.
Où passe la marge
Un paddy bon marché ne retire pas de valeur à la filière, il la déplace. Les rizeries et les négociants qui achètent entre 650 et 750 takas obtiennent une matière première nettement moins chère que l'an dernier, ce qui élargit la marge de transformation si le riz usiné ne baisse pas dans la même proportion. Que cela parvienne ou non au consommateur dépend de l'économie des rizeries et de la part de grain stockée plutôt que tournée. Historiquement, les prix de détail du riz reculent plus lentement que le prix départ ferme, parce que le maillon agricole est celui qui n'a ni pouvoir de fixation des prix ni capacité d'attendre.
Ce qu'il faut surveiller dans la campagne commerciale
Trois variables décideront d'un redressement du prix départ ferme : le volume et le prix des achats publics, la politique d'importation de riz usiné et la taille même de la récolte. Les achats publics ne créent un plancher que si le volume est suffisant et si l'argent atteint les producteurs plutôt que les intermédiaires. L'importation joue en sens inverse : une offre supplémentaire sur un marché qui s'équilibre déjà à 650-750 takas accentue la pression sur les exploitations locales, tandis qu'une retenue à l'importation les soutient.
Le risque le plus durable est comportemental et se manifestera au cycle suivant. Un producteur qui perd de l'argent sur une récolte réduit la fertilisation de la suivante, et les rendements baissent avec elle. Une récolte bon marché est souvent suivie d'une récolte courte, et sur un marché de la taille du Bangladesh un déficit de rendement se convertit vite en demande d'importation. Pour les négociants et les importateurs, la faiblesse actuelle des prix renseigne donc autant sur l'offre de la prochaine campagne que sur celle en cours.