L’Autriche renforce les contrôles des importations alimentaires et fourragères
L’Autriche va intensifier les contrôles des importations agricoles provenant de pays hors UE. Les premières vérifications porteront sur la traçabilité des aliments pour animaux, les substances actives des pesticides et les matières interdites.
L’Autriche accroît la surveillance des importations de pays tiers
L’Autriche renforce les contrôles des importations agricoles provenant de pays hors UE afin de vérifier que les denrées et aliments pour animaux importés respectent des normes comparables à celles imposées aux producteurs nationaux. L’initiative est soutenue par le ministre de l’Agriculture Norbert Totschnig, le vice-gouverneur de Basse-Autriche Stephan Pernkopf et Lorenz Mayr, vice-président de la Chambre d’agriculture de Basse-Autriche.
Selon Fruchtportal, les trois responsables soulignent que les agriculteurs autrichiens sont soumis à des exigences strictes en matière de protection des plantes, de l’environnement et de l’eau, ainsi que de sécurité alimentaire. Des marchandises peuvent néanmoins atteindre le marché européen après avoir été produites dans des conditions interdites en Autriche ou dans l’UE, notamment avec certains pesticides non autorisés.
Totschnig estime qu’une concurrence équitable suppose des règles comparables. Il soutient donc la subordination des nouveaux contingents d’importation prévus par les accords commerciaux modernes à des conditions de production durable conformes aux normes européennes. Le renforcement des contrôles doit vérifier la conformité aux frontières et le long des chaînes d’importation, tout en réduisant le désavantage concurrentiel dénoncé par les autorités et les organisations agricoles.
Les aliments pour animaux contrôlés sur leur origine
L’Office fédéral de la sécurité alimentaire, BAES, examinera les aliments simples et composés pour animaux au cours des prochains mois. Les contrôles porteront sur la traçabilité et l’origine, les substances actives des produits phytosanitaires ainsi que les matières indésirables ou interdites. La source ne précise ni les pays fournisseurs, ni les produits, ni les volumes concernés, ni un calendrier plus détaillé.
Les inspections du BAES seront complétées par les autocontrôles des entreprises du secteur et par les vérifications reposant sur le système européen d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux, RASFF. Ces dispositifs doivent permettre de repérer les produits non conformes et d’étendre la surveillance au-delà des analyses effectuées sur les denrées finies.
Pour les importateurs, les entreprises d’alimentation animale et les fournisseurs étrangers du marché autrichien, cette politique pourrait accroître les obligations documentaires et les analyses. Ses effets dépendront de la fréquence des inspections, des substances ciblées et du traitement réservé aux cargaisons non conformes. Fruchtportal ne mentionne ni nouvelles sanctions, ni seuils de rejet, ni estimation des coûts de mise en conformité.
Le secteur agricole veut intégrer les méthodes de production
Mayr demande de dépasser un dispositif principalement fondé sur les normes du produit afin d’accorder plus de poids aux normes de production. Selon lui, le produit fini ne permet pas de connaître les conditions dans lesquelles il a été fabriqué. Les autorités examineraient ainsi le respect des limites de résidus, mais aussi la comparabilité des méthodes employées avec les obligations des agriculteurs européens.
La proposition prévoit également de poursuivre l’évolution des limites maximales de résidus applicables aux substances actives non autorisées dans l’UE et considérées comme particulièrement dangereuses. Ses partisans réclament davantage de contrôles et d’audits le long des chaînes d’importation, ainsi que des audits supplémentaires dans les pays tiers. La surveillance couvrirait alors les méthodes de production et les registres des fournisseurs, au-delà du simple contrôle des cargaisons.
Le Conseil national autrichien a récemment approuvé à une large majorité l’application rigoureuse des clauses de sauvegarde et des mesures de sécurité convenues pour les importations agricoles. Fruchtportal cite le renforcement des contrôles, des audits supplémentaires dans les pays tiers et des analyses de résidus plus strictes sur les produits importés. La sécurité de l’approvisionnement, la protection des consommateurs et la compétitivité des secteurs agricole et alimentaire autrichiens doivent également constituer des priorités stratégiques.
Totschnig, Pernkopf et Mayr ont appelé la Commission européenne à appliquer et à développer les mécanismes de protection existants. L’enjeu porte désormais sur la mise en œuvre : l’organisation des contrôles supplémentaires par l’Autriche, l’intégration des conditions de production dans les règles européennes et les preuves que devront fournir les exportateurs. Pour les fournisseurs agricoles, négociants et entreprises d’alimentation animale, la traçabilité et les registres d’utilisation des pesticides devraient gagner en importance pour accéder au marché autrichien.
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