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Le marché asiatique du charbon thermique maritime entre en contraction, le risque d'Ormuz prolonge le charbon

Le marché asiatique du charbon thermique transporté par mer est entré en phase de contraction, la demande et l'offre reculant de concert, selon une analyse de Reuters citée par Korea Economic Daily. L'offre baisse un peu plus vite que la demande, ce qui devrait maintenir les prix relativement stables. L'Asie représente environ 90% du commerce maritime mondial de charbon thermique.

Le marché asiatique du charbon thermique maritime entre en contraction, le risque d'Ormuz prolonge le charbon

Le commerce maritime asiatique de charbon pour la production électrique recule

Le marché asiatique du charbon thermique transporté par mer est entré en phase de contraction, la demande et l'offre reculant toutes deux progressivement, selon une analyse de Reuters citée par Korea Economic Daily le 1er octobre. Cette même évaluation prévoit un recul de l'offre légèrement plus rapide que celui de la demande, un déséquilibre qui devrait maintenir les prix du charbon relativement stables alors même que les volumes échangés diminuent.

Un chiffre explique pourquoi la question dépasse largement l'Asie. Reuters rapporte que l'Asie a représenté ces dernières années environ 90% du commerce maritime mondial de charbon thermique. Si neuf tonnes sur dix de charbon destiné à la production électrique et échangé à l'international partent vers des acheteurs asiatiques, la contraction de la consommation asiatique équivaut en pratique à celle du marché mondial et donne le ton aux chargements, aux affrètements et aux négociations de contrats à terme dans tout le bassin Pacifique.

Pour les producteurs et les négociants, le point central de l'analyse est la différence entre un marché qui rétrécit et un marché qui baisse. Volumes et prix évoluent séparément : l'activité devient plus petite, mais le signal de prix ne cède pas, car l'offre à l'exportation se retire au moins aussi vite que la consommation des centrales diminue.

Les prix tiennent, les volumes baissent

Un équilibre dans lequel l'offre mène le recul supprime la conséquence habituelle d'une demande plus faible. Dans la plupart des cycles baissiers de matières premières, une consommation en repli rencontre des capacités déjà installées et l'écart se répercute sur les prix. Ici, l'évaluation publiée va dans l'autre sens : production minière et tonnage expédié se retirent au rythme de la demande, voire un peu devant, de sorte que le marché s'équilibre à des niveaux globalement stables plutôt que par une correction des prix.

Le résumé publié ne chiffre ni le recul attendu de la demande ni celui de l'offre, et n'identifie pas les pays exportateurs qui le portent. L'Indonésie et l'Australie sont les principaux fournisseurs de charbon thermique maritime des acheteurs asiatiques, et toute discipline durable du côté de l'offre devrait d'abord apparaître dans leurs programmes d'exportation.

Les conséquences diffèrent nettement selon la position. Les sociétés minières dotées d'actifs en production font face à un marché qui génère encore de la trésorerie mais justifie difficilement de nouvelles capacités ou des extensions de longue durée, puisque la perspective de volumes se contracte au lieu de croître. Les importateurs et les électriciens perdent la compensation qu'offre normalement un marché en repli, à savoir un combustible moins cher : bâtir la consommation de charbon de l'an prochain sur des prix plus bas ne trouve aucun appui dans cet équilibre. Les négociants travaillent avec moins de volumes et des mouvements de prix moins directionnels.

Le risque d'Ormuz prolonge la durée de vie du charbon

Le second élément de l'analyse est géopolitique. Korea Economic Daily construit son récit autour d'un choc d'Ormuz qui prolonge la durée de vie du charbon pendant que l'offre et la demande asiatiques refluent. Les tensions autour du détroit d'Ormuz augmentent le risque perçu sur les cargaisons énergétiques qui y transitent, et dans la production électrique asiatique le gaz est le combustible le plus directement exposé, car le gaz naturel liquéfié concurrence le charbon sur les mêmes heures de production.

Les électriciens qui ne peuvent pas considérer les livraisons de gaz comme pleinement fiables ont intérêt à maintenir disponibles leurs unités au charbon, à conserver des stocks de travail et à reporter les fermetures. Cette logique de sécurité d'approvisionnement joue contre la baisse des volumes décrite plus haut : elle ralentit la sortie des capacités charbon sans inverser la contraction d'ensemble. C'est pourquoi l'analyse décrit un marché qui rétrécit et qui, en même temps, gagne du temps.

Ce qu'il faut suivre

  • La tenue de la discipline de l'offre : les prix ne restent stables que si la disponibilité à l'exportation baisse au moins aussi vite que la demande.
  • Le risque maritime autour du détroit d'Ormuz et son effet sur les livraisons de gaz en Asie, principal canal par lequel la demande de charbon est prolongée.
  • Le comportement contractuel des électriciens asiatiques, terme contre spot, dans un marché où une baisse durable des prix n'est pas le scénario central.
  • Les décisions d'investissement des mines tournées vers l'export, où la contraction assortie de prix stables favorise l'exploitation des actifs existants plutôt que de nouveaux projets.

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