← Retour aux actualités

Les arrêts de raffineries et la faiblesse des stocks aggravent la pénurie de gazole

Les arrêts de raffineries, les restrictions à l’exportation et les perturbations maritimes réduisent l’offre de gazole et font progresser les prix plus vite que ceux du brut. Les stocks américains de distillats sont tombés à 107,2 millions de barils, exposant davantage le transport, l’agriculture et l’industrie.

Les arrêts de raffineries et la faiblesse des stocks aggravent la pénurie de gazole

Le gazole augmente plus vite que le brut

Le resserrement de l’offre de carburants raffinés déplace l’attention du marché mondial de l’énergie de la production de brut vers les capacités de raffinage. Selon Gulf News, les contrats à terme sur le gazole américain ont enregistré leur plus forte hausse quotidienne depuis la mi-juillet, progressant de 7,4% à 4,19 dollars le gallon. Dans le même temps, les marges européennes de raffinage du gazole ont augmenté de près de 10%.

Le Wall Street Journal a indiqué que le prix du gazole montait nettement plus vite que celui du pétrole brut nécessaire à sa fabrication. Cet écart concerne toute l’économie, car le carburant alimente le transport routier de marchandises, la navigation, l’agriculture, le bâtiment et la production industrielle. Le Brent et le brut américain ont également gagné environ 5% au cours des dernières séances en raison des tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz. La progression plus forte des produits raffinés révèle toutefois une pénurie propre à l’aval pétrolier.

Les arrêts révèlent le manque de flexibilité

La pression immédiate fait suite à des perturbations touchant plusieurs installations énergétiques et axes de transport importants. La raffinerie saoudienne de Jazan est à l’arrêt depuis la fin juillet et devrait reprendre ses activités autour du 30 août. Une raffinerie située dans la région russe du Tatarstan a également subi un incident après des attaques, tandis que la restriction des flux dans le détroit d’Ormuz perturbe le transport international de carburants raffinés.

Les raffineries ne peuvent pas réaffecter rapidement leurs capacités entre différents produits. La fermeture d’un site retire donc immédiatement du carburant fini au marché, surtout lorsque les autres usines disposent de peu de capacités inutilisées. Les acheteurs doivent chercher des cargaisons de remplacement dans un volume disponible plus réduit, ce qui soutient les prix du gazole et les marges des raffineurs. L’Europe est particulièrement exposée après plusieurs perturbations logistiques liées aux tensions géopolitiques et aux restrictions affectant le détroit d’Ormuz.

La faiblesse des stocks supprime le tampon

Les stocks américains de distillats, dont le gazole et le fioul domestique, ont reculé à environ 107,2 millions de barils. Le document source présente ce chiffre comme le niveau le plus faible à cette période de l’année depuis près de trois décennies. Avec une réserve aussi limitée, un nouvel arrêt de raffinerie ou un retard de livraison pourrait avoir un effet inhabituellement rapide sur la disponibilité physique et les prix.

Les politiques d’exportation resserrent encore le marché. La Russie a prolongé jusqu’en janvier 2027 ses restrictions sur les exportations d’essence et de gazole, tandis que la Chine continue de limiter ses exportations de carburants. Ces décisions conservent davantage de produits sur les marchés intérieurs et réduisent les volumes accessibles aux régions dépendantes des importations. Arrêts de production, contraintes maritimes, faibles stocks et contrôles commerciaux compliquent ainsi l’obtention de volumes supplémentaires même lorsque le brut reste disponible.

Les surcoûts gagnent les chaînes d’approvisionnement

L’impact économique dépasse les acheteurs directs de carburants. La hausse du gazole accroît les frais d’exploitation des poids lourds, des navires, des machines agricoles et des engins de chantier. Les perturbations des produits raffinés peuvent aussi toucher l’aviation commerciale. Le renchérissement du fret et des travaux agricoles peut ensuite se transmettre aux prix alimentaires et aux produits essentiels.

L’écart croissant entre les prix du brut et ceux des carburants finis signifie que les entreprises et les consommateurs pourraient continuer à subir des coûts énergétiques élevés même si le pétrole se stabilise. Pour les producteurs et les négociants, les taux d’utilisation des raffineries, les stocks de distillats et l’accès aux cargaisons de remplacement deviennent déterminants. Les importateurs, notamment européens, pourraient rester en forte concurrence pour le gazole disponible jusqu’au redémarrage des capacités interrompues et à la reconstitution des stocks.

Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience de navigation, fournir du contenu personnalisé et analyser notre trafic. En cliquant sur "Tout accepter", vous consentez à notre utilisation de cookies. Vous pouvez gérer vos préférences ou en savoir plus dans notre Politique de confidentialité.