L’Algérie domine les exportations africaines de dattes en volume, pas en valeur
L’Algérie a exporté environ 185 000 tonnes de dattes en 2025 pour près de 184 millions de dollars, prenant la première place africaine en volume. La Tunisie a expédié moins, mais encaissé nettement plus, révélant l’enjeu de la transformation, du conditionnement et des marques.
L’Algérie prend la première place en volume
L’Algérie a exporté environ 185 000 tonnes de dattes vers les marchés internationaux en 2025, devenant le premier exportateur africain en volume, selon des données de Trade Map rapportées par Rasselmal. Ces ventes ont généré près de 184 millions de dollars et confortent la place des dattes parmi les produits agricoles capables de soutenir la diversification des exportations algériennes hors hydrocarbures.
La filière est particulièrement présente dans les régions productrices du sud, notamment Biskra, El Oued et Ouargla. L’Algérie profite aussi de la réputation internationale de la variété Deglet Nour. Les résultats de 2025 montrent toutefois qu’une importante base de production et de forts volumes expédiés ne garantissent pas les recettes d’exportation les plus élevées du continent.
La Tunisie gagne davantage avec moins de volume
La Tunisie s’est classée deuxième en volume avec environ 147 000 tonnes exportées en 2025, mais la valeur de ses expéditions a atteint quelque 347 millions de dollars. La valeur moyenne s’est ainsi établie autour de 2 360 dollars la tonne, contre environ 993 dollars pour les dattes algériennes. La Tunisie a encaissé presque deux fois plus, tout en expédiant 38 000 tonnes de moins.
Cet écart souligne l’importance commerciale de la gamme de produits, de la transformation, du conditionnement, de la commercialisation et des marques. Pour les producteurs et exportateurs algériens, la seule hausse des volumes risque de ne pas suffire à combler la différence de recettes. Des formats de détail à plus forte valeur et un meilleur positionnement de variétés reconnues comme la Deglet Nour pourraient accroître le rendement de chaque tonne vendue à l’étranger.
D’autres exportateurs africains obtiennent de meilleurs prix
L’Égypte s’est classée troisième parmi les exportateurs africains avec environ 39 000 tonnes de dattes, pour une valeur estimée à 147 millions de dollars en 2025. La Libye a suivi avec quelque 16 000 tonnes et près de 25 millions de dollars de recettes. L’Afrique du Sud n’a expédié qu’environ 6 200 tonnes, au cinquième rang en volume, mais a encaissé 26 millions de dollars, soit près de 4 194 dollars la tonne.
Ces résultats révèlent de fortes différences de valeur unitaire entre les fournisseurs africains. La moyenne algérienne représentait moins de la moitié de celle de la Tunisie et restait très inférieure au niveau sud-africain. Les chiffres ne détaillent pas les qualités, les formats ou les marchés de destination à l’origine de l’écart, mais ils montrent que le leadership en volume ne correspond pas nécessairement au leadership en valeur.
La production de Biskra devrait progresser
L’Algérie pourrait disposer de davantage de fruits pour la transformation locale et l’exportation au cours des prochaines campagnes. Les services agricoles de Biskra prévoient une production supérieure à 4,1 millions de quintaux durant la campagne 2026-2027, soit environ 100 000 quintaux de plus que lors de la campagne précédente. La Deglet Nour devrait à elle seule représenter près de 2,6 millions de quintaux.
Ces perspectives offrent à l’Algérie la possibilité d’élargir sa présence internationale, mais renforcent aussi les besoins en capacités de manutention, de transformation, de conditionnement et de vente. Sans amélioration dans ces domaines, l’offre supplémentaire pourrait accroître l’avance en tonnage sans produire une hausse comparable des recettes. Pour les transformateurs, les exportateurs et les investisseurs, la question centrale consiste à déterminer quelle part de la récolte croissante pourra être commercialisée sous des formes à forte valeur plutôt qu’en vrac à bas prix.