L’Afrique du Sud lève un obstacle de TVA aux exportations via Richards Bay
L’Afrique du Sud autorise désormais le taux zéro de TVA pour les biens exportés livrés à des exploitants de terminaux agréés. La réforme corrige une anomalie procédurale alors que le fret ferroviaire et les volumes de charbon de Richards Bay se redressent.
La TVA reconnaît les exploitants de terminaux agréés
L’Afrique du Sud a modifié sa réglementation sur la TVA à l’exportation. Le charbon et les autres biens meubles destinés aux marchés étrangers peuvent désormais bénéficier du taux zéro lorsqu’ils sont livrés à un exploitant de terminal agréé. Le Trésor national et l’administration fiscale sud-africaine, SARS, ont publié la modification le 25 août 2026. Le texte résout une difficulté procédurale pour les exportateurs utilisant le terminal privé Richards Bay Coal Terminal, ou RBCT.
Les anciennes règles imposaient de livrer les marchandises à l’autorité portuaire pour bénéficier du taux zéro. Cette exigence ne correspondait pas à l’organisation de Richards Bay : Transnet National Ports Authority contrôle l’infrastructure portuaire générale, tandis que RBCT exploite les terminaux où le charbon est réceptionné puis chargé sur les navires. Une cargaison livrée à RBCT se trouvait donc déjà sur son site d’exportation, mais l’exploitant n’était pas l’autorité portuaire désignée par la réglementation. Le nouveau texte reconnaît les exploitants agréés et préserve le traitement au taux zéro pour les livraisons aux installations admissibles.
Les volumes remontent depuis le point bas de 2023
La correction fiscale intervient alors que le corridor charbonnier de Richards Bay se remet de plusieurs années de perturbations logistiques. Selon Ecofin Agency, RBCT a manutentionné 57,66 millions de tonnes en 2025, contre 52,08 millions en 2024 et 47,21 millions en 2023. Le résultat de 2025 est le plus élevé en quatre ans, mais ne représente qu’environ 63% de la capacité nominale annuelle du terminal, fixée à 91 millions de tonnes.
Les données commerciales de SARS citées par Ecofin Agency indiquent que l’Afrique du Sud a exporté environ 71,9 millions de tonnes de charbon pour R95,4 milliards (6 milliards de dollars) en 2025. Près de 94% de ce volume a transité par RBCT et par le port de Richards Bay exploité par Transnet, ce qui souligne le poids du corridor dans les recettes d’exportation. L’Inde a absorbé environ 46% des exportations sud-africaines de charbon cette année-là. La fiabilité de Richards Bay est donc particulièrement importante pour les fournisseurs actifs sur les marchés asiatiques.
Le rail reste le facteur déterminant
L’amélioration du réseau de Transnet Freight Rail a permis d’acheminer davantage de charbon jusqu’au terminal. Les données d’Argus citées dans l’article évaluent les livraisons moyennes à RBCT à 1,17 million de tonnes par semaine entre le 1er janvier et le 20 avril 2026. En juillet, les performances de Transnet dans le fret ferroviaire de vrac auraient retrouvé leur niveau d’avant la pandémie. Une semaine, 165 trains ont atteint RBCT. Transnet Freight Rail a ensuite indiqué prévoir le transport d’environ 62 millions de tonnes de charbon vers le terminal en 2026.
RBCT avait traité environ 30 millions de tonnes à la fin juin et prévoyait de dépasser 60 millions de tonnes exportées en 2026 si l’amélioration du rail se maintenait. Le terminal cherchait à atteindre un rythme annualisé durable d’environ 65 millions de tonnes avant la fin de l’année. Ce niveau prolongerait le redressement, tout en laissant une part importante de la capacité nominale inutilisée.
L’accès au marché modifie les projets miniers
La baisse antérieure était liée au manque d’équipements, aux vols de câbles et aux dégâts subis par l’infrastructure ferroviaire de Transnet. Ces contraintes logistiques ont empêché les groupes miniers d’utiliser pleinement leurs capacités de production et de manutention. Le 5 août 2026, Murray Houston, directeur général de Glencore Coal en Afrique du Sud, a déclaré à Miningmx que l’entreprise envisageait de relancer des projets de croissance dans le charbon à mesure que la capacité ferroviaire d’exportation s’améliorait. Glencore avait auparavant restructuré son activité sud-africaine après la chute des volumes annuels du corridor sous 50 millions de tonnes.
La réforme de la TVA supprime une incohérence fiscale, mais n’ajoute aucune capacité physique à la chaîne logistique. La progression des exportations dépendra toujours de la disponibilité régulière des trains et de la fiabilité des infrastructures. Pour les producteurs et les négociants, la reconnaissance des terminaux agréés élimine néanmoins l’incertitude sur le taux zéro au moment où la cargaison entre dans l’installation d’exportation. Le corridor dispose ainsi de règles administratives plus claires pour convertir l’amélioration du rail en expéditions supplémentaires.